Réunie à Dar es Salaam, l’instance dirigeante du football africain fait face à une convergence de défis qui dépassent le simple cadre sportif. Alors que les échos de la finale de la CAN 2025 résonnent encore, le comité exécutif doit traiter des dossiers institutionnels lourds, où la conformité juridique et la stabilité financière de l’organisation sont directement en jeu.
Si l’attention du public reste focalisée sur les suites du match Sénégal-Maroc, c’est en réalité dans les bureaux que se joue une partie serrée pour l’avenir immédiat de la Confédération Africaine de Football (CAF). Selon les informations rapportées par nos confrères d’IGFM, l’agenda de cette rencontre en Tanzanie est dominé par trois dossiers majeurs : la sécurisation du règlement des compétitions, l’incertitude autour de la CAN féminine et, surtout, une situation administrative délicate concernant le secrétariat général.
Une zone grise administrative aux lourdes conséquences financières
Le dossier le plus sensible sur le plan institutionnel concerne directement le fonctionnement interne de la CAF. La présence de Véron Mosengo-Omba au poste de secrétaire général soulève aujourd’hui une question de conformité statutaire. Ayant atteint l’âge de 63 ans en octobre 2022, le dirigeant avait bénéficié d’une prolongation exceptionnelle de trois ans. Or, les règlements de la CAF fixent une limite d’âge et n’autorisent qu’une seule extension.
Cette situation place le secrétaire général dans une « zone grise » depuis maintenant quatre mois. L’enjeu dépasse la simple gestion des ressources humaines : tout acte administratif ou contractuel signé durant cette période d’incertitude pourrait être juridiquement contesté. Dans un contexte où la CAF gère des partenariats commerciaux d’envergure, cette fragilité juridique expose l’institution à un risque réel d’invalidation de contrats devant les juridictions civiles ou sportives. La sécurisation rapide de ce poste est donc devenue une priorité absolue pour le comité exécutif.
Vers un durcissement du cadre réglementaire post-CAN 2025
Concernant la finale controversée de la CAN 2025 opposant le Sénégal au Maroc, la position de l’instance est arrêtée : il n’y aura pas de retour sur les sanctions déjà prononcées. Le regard de Patrice Motsepe est désormais tourné vers la prévention.
Le président de la CAF, bien que respectueux de l’indépendance des organes juridictionnels, a exprimé sa déception face aux incidents survenus. L’objectif est désormais de combler les vides juridiques actuels, notamment pour gérer les cas de retrait d’une équipe en cours de match. La CAF souhaite doter ses instances disciplinaires de pouvoirs accrus pour infliger des sanctions suffisamment dissuasives et éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.
Incertitudes logistiques sur le football féminin
Enfin, le troisième dossier sur la table concerne l’organisation de la CAN féminine 2026, prévue du 17 mars au 3 avril. Si le Maroc demeure officiellement le pays hôte, des discussions alternatives existent, témoignant de la volonté de la CAF de préparer des scénarios de secours. Une récente déclaration sud-africaine, bien que nuancée par la suite, a mis en lumière ce flou organisationnel. Une décision définitive permettant de clarifier l’agenda est attendue ce vendredi.


