Une visite diplomatique qui s’annonce sous haute tension à Sydney. Alors que le président israélien entame un déplacement officiel de quatre jours sur le continent, les autorités locales ont considérablement renforcé l’arsenal juridique des forces de l’ordre pour encadrer les mouvements de foule. Pourtant, les organisations pro-palestiniennes ont décidé de ne pas modifier leur agenda, créant une situation de confrontation directe autour du parcours prévu.
Le président israélien Isaac Herzog est attendu en Australie ce lundi pour une visite officielle, répondant à l’invitation du Premier ministre Anthony Albanese. Ce déplacement intervient dans un climat sécuritaire particulier, quelques mois après l’attaque de Bondi Beach. Cependant, c’est bien la situation au Moyen-Orient qui cristallise les tensions sur place. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le gouvernement de l’État de Nouvelle-Galles du Sud (NSW) a accordé des pouvoirs supplémentaires à la police en prévision de cet événement, exhortant au calme et à la modification des lieux de rassemblement.
Malgré ces injonctions et l’existence de zones soumises à des restrictions strictes, le « Palestine Action Group » a confirmé son intention de maintenir son itinéraire initial. Les organisateurs prévoient un rassemblement devant l’Hôtel de Ville de Sydney avant de marcher vers Macquarie Street, traversant délibérément un secteur que les autorités tentent de sanctuariser. Le Premier ministre de l’État, Chris Minns, avait pourtant demandé aux manifestants de choisir un autre lieu, une requête pour l’instant ignorée par les collectifs qui entendent marquer leur opposition de manière visible.
La mobilisation dépasse le seul cadre de Sydney. D’après nos informations, des manifestations sont programmées dans 24 villes à travers le pays, incluant la capitale Canberra, Perth et Melbourne, principalement pour la journée du 9 février. Cette coordination nationale est soutenue par l’Australia Palestine Advocacy Network (APAN), qui estime que le chef d’État israélien ne devrait pas être reçu officiellement. Dans un contexte international où les initiatives diplomatiques se multiplient autour de Gaza, l’APAN rappelle que la rhétorique d’Isaac Herzog a été citée par la Cour internationale de justice lors de l’évaluation des risques de génocide.
Sur le plan juridique, la société civile australienne tente également de faire barrage. Une coalition d’organisations a déposé une plainte la semaine dernière, demandant aux autorités de refuser le visa au président israélien et d’ouvrir une enquête pénale en vertu du droit local. Des figures australiennes ont par ailleurs sollicité la police fédérale pour enquêter sur des accusations d’incitation au génocide. Ces tensions font écho aux préoccupations exprimées par plusieurs acteurs régionaux concernant la poursuite des opérations militaires à Gaza et leurs conséquences humanitaires.

