Le processus de « paix totale » porté par le président Gustavo Petro connaît un nouveau développement décisif. Après une suspension brutale survenue au début du mois, le gouvernement colombien et le principal groupe armé du pays ont convenu de relancer leurs échanges. Ce retour à la table des négociations intervient après la gestion délicate d’un incident diplomatique directement lié à une exigence de la Maison Blanche.
L’annonce a été officialisée ce mardi par une déclaration conjointe : le gouvernement colombien reprend le dialogue avec le Clan du Golfe, également connu sous le nom de Forces d’autodéfense gaitanistes (ECG). Selon Al Jazeera, les deux parties affirment avoir « surmonté » les obstacles qui avaient mené à la rupture temporaire des pourparlers.
**L’ombre de Washington sur les négociations**
Ce rapprochement met fin à une période de tension initiée par une rencontre au sommet entre le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain, Donald Trump. Sous la pression de Washington, qui exige une action plus offensive contre les cartels de la drogue, le chef de l’État colombien avait accepté de prioriser la traque de trois « cibles de haut niveau ».
Parmi ces cibles figurait Jobanis de Jesus Avila Villadiego, alias « Chiquito Malo », le chef actuel du Clan du Golfe. Cette décision avait provoqué une réaction immédiate du groupe armé, qui avait suspendu sa participation au processus de paix en attendant des clarifications sur la portée réelle des engagements pris par Bogota envers les États-Unis.
**Une médiation internationale élargie**
Pour garantir la solidité de cette reprise, le cadre des discussions a été renforcé. La médiation sera désormais assurée par l’Église catholique ainsi que par les gouvernements du Qatar, de l’Espagne, de la Norvège et de la Suisse.
Le Clan du Golfe, considéré comme l’un des plus grands cartels du pays avec environ 9 000 combattants, est un acteur central du conflit interne qui déchire la Colombie depuis six décennies. L’organisation a été désignée comme « organisation terroriste étrangère » par les États-Unis en décembre dernier.
**Un contexte électoral sous tension**
Cette reprise du dialogue s’inscrit dans une séquence diplomatique complexe pour Gustavo Petro. Si Donald Trump avait menacé en janvier d’attaquer la Colombie si les résultats n’étaient pas au rendez-vous, les relations entre les deux dirigeants se sont réchauffées depuis la visite du président colombien à la Maison Blanche le 3 février.
L’approche de Petro, qui privilégie la négociation avec les réseaux criminels plutôt que la confrontation purement militaire, reste un sujet clivant alors que le pays se prépare à élire un nouveau président en mai prochain. Le chef de l’État sortant, contraint par la loi à un mandat unique, ne sera pas candidat à sa succession.

