Les tensions s’intensifient au Moyen-Orient à la suite de l’offensive militaire déclenchée fin février. Dans ce climat d’extrême volatilité, le président français Emmanuel Macron s’est entretenu par téléphone avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian. Un échange dominé par les récentes frappes régionales, où chaque partie a fermement exposé ses lignes rouges.
Selon les détails de cet entretien rapportés par l’agence Anadolu, le chef de l’État iranien a justifié la riposte de Téhéran. Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, Masoud Pezeshkian a souligné que son pays n’était pas à l’initiative du conflit, qualifiant la légitime défense de droit naturel. Pour Téhéran, toute perspective d’apaisement reste conditionnée à une exigence majeure : l’arrêt immédiat de l’utilisation des bases américaines implantées dans la région pour viser le territoire iranien. Le dirigeant a également exclu toute fin de la guerre sans la garantie absolue qu’aucune nouvelle attaque ne ciblera l’Iran à l’avenir.
Face à ces déclarations, Emmanuel Macron a fait part de son intransigeance concernant les intérêts de son pays. Le locataire de l’Élysée a jugé inadmissible que la France figure parmi les cibles de cette guerre, précisant que l’intervention militaire de Paris s’inscrit dans un cadre strictement défensif visant à protéger ses partenaires et la liberté de navigation. Le président français a formellement demandé à Téhéran de cesser ses attaques contre les pays de la région, qu’elles soient menées directement ou par l’intermédiaire de groupes affiliés, notamment en Irak et au Liban. Le rétablissement de la sécurité dans le détroit d’Ormuz a également été érigé en priorité par la diplomatie française.
Outre le volet purement militaire, les questions consulaires ont occupé une place importante dans les discussions. Emmanuel Macron a exhorté les autorités iraniennes à libérer au plus vite les ressortissants français Cécile Kohler et Jacques Paris, afin de leur permettre de regagner la France en toute sécurité.
Cette passe d’armes téléphonique intervient dans un contexte de crise ouverte. Depuis l’offensive militaire lancée par Israël et les États-Unis le 28 février contre l’Iran, Téhéran a multiplié les frappes de représailles. Ces opérations ont visé des installations en Israël, mais également des bases américaines situées au Qatar, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis. Une insécurité régionale grandissante qui engendre des dommages collatéraux importants, ayant notamment contraint à la suspension des opérations du centre logistique de l’OMS basé à Dubaï. Du côté iranien, les responsables officiels font état d’un lourd bilan dépassant les 1 348 morts et 17 000 blessés depuis le début de cette nouvelle escalade.

