La gestion des anciens combattants de l’organisation État islamique constitue toujours un défi sécuritaire et logistique majeur pour la région. Alors que la victoire militaire a été proclamée il y a plusieurs années, le sort des prisonniers capturés sur le théâtre des opérations restait en partie à clarifier. Le ministère irakien de la Justice vient d’apporter des précisions sur l’ampleur des transferts effectués depuis le territoire syrien.
Selon les données communiquées par Ahmed Laibi, porte-parole du ministère, dont les propos ont été relayés par l’agence Anadolu, ce sont exactement 5 064 individus qualifiés de terroristes qui ont été relocalisés en Irak. Ces transferts, effectués à la demande et en coordination avec la coalition internationale dirigée par les États-Unis, concernent une majorité de ressortissants étrangers. Les chiffres détaillés font état de plus de 3 000 Syriens et d’environ 270 Irakiens, le reste du contingent provenant de diverses nationalités.
Les autorités de Bagdad ont opté pour une centralisation stricte de ces détenus. L’ensemble de ces 5 000 prisonniers est incarcéré dans un établissement pénitentiaire unique, où ils attendent d’être soumis aux procédures d’enquête et de jugement prévues par la législation irakienne. Le ministre de la Justice, Khalid Shwani, a tenu à assurer que le processus respectait les normes juridiques en vigueur.
Un détail logistique notable accompagne cette opération sécuritaire : la charge financière liée à l’alimentation de ces milliers de détenus ne pèse pas sur le budget irakien. C’est la coalition internationale qui assume intégralement ces coûts spécifiques, un point souligné par le porte-parole du ministère.
Si l’Irak a officiellement déclaré sa victoire contre Daech fin 2017 après trois ans de guerre, la menace n’a pas totalement disparu. Le groupe conserve des cellules actives dans les provinces du nord, de l’ouest et de l’est, obligeant les forces de sécurité à maintenir une vigilance constante et à poursuivre les opérations de ratissage.

