La péninsule ibérique se prépare à affronter de nouvelles turbulences atmosphériques alors que les stigmates du précédent épisode climatique sont encore vifs. À peine remis du passage de la tempête Leonardo, l’Espagne et le Portugal ont déclenché ce week-end des alertes maximales face à l’arrivée imminente de la tempête Marta. Les sols saturés et les cours d’eau en crue font craindre le pire aux autorités, qui multiplient les mesures de précaution exceptionnelles.
La situation est particulièrement critique au Portugal, où la menace météorologique a pris le pas sur l’agenda institutionnel. Face aux risques d’inondations et de vents violents, trois municipalités ont dû se résoudre à reporter le vote pour l’élection présidentielle prévu ce dimanche. Ce scrutin a été repoussé à la semaine prochaine, une décision rare dictée par l’impératif de sécurité publique.
Pour faire face à cette nouvelle dépression, Lisbonne a mobilisé un dispositif d’envergure. Selon les données relayées par Al Jazeera, plus de 26 500 secouristes sont sur le pied de guerre. L’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère (IPMA) a placé l’ensemble du littoral en alerte orange, anticipant des vagues pouvant atteindre 13 mètres de haut. Le Premier ministre Luis Montenegro a d’ores et déjà estimé les dégâts causés par les intempéries récentes à plus de quatre milliards d’euros.
L’Espagne voisine n’est pas épargnée. L’agence météorologique nationale Aemet a émis des alertes orange pour une grande partie du sud, notamment l’Andalousie, ainsi que le nord-ouest du pays. Juan Manuel Moreno, président de la région andalouse, a averti que les « rivières ont atteint leur limite », redoutant des rafales de vent à 110 km/h et de nouvelles crues soudaines. Le Premier ministre Pedro Sanchez, après un survol des zones sinistrées près de Cadix, a prévenu que des « jours difficiles » attendaient la région.
Ce nouvel épisode survient dans un contexte déjà dramatique. La tempête Leonardo, qui a frappé la région plus tôt cette semaine, a causé la mort d’au moins deux personnes et forcé l’évacuation de plus de 11 000 résidents de part et d’autre de la frontière. Les infrastructures sont fragilisées : de nombreuses routes restent fermées et le trafic ferroviaire est largement suspendu.
Les témoignages sur le terrain illustrent la violence des éléments. Francisco Marques, employé municipal dans le village portugais de Constancia, décrit des scènes de chaos où l’eau a fait exploser les fenêtres et détruit le mobilier des habitations. Les barrages portugais, soumis à une pression extrême, ont dû relâcher en trois jours un volume d’eau équivalent à la consommation annuelle du pays.


