Dans une université marquée par des cycles de tensions récurrents, la question de la stabilité académique dépasse le simple cadre pédagogique pour devenir un enjeu de sécurité publique. Alors que la société civile s’active à Ziguinchor pour diagnostiquer les maux qui rongent l’espace universitaire, l’administration locale a profité de cette tribune pour clarifier la situation des instances représentatives étudiantes, suspendues depuis plusieurs mois, et détailler la procédure précise qui conditionne leur rétablissement.
Le programme « Sahal Diamm », financé par l’Union européenne et porté par un consortium incluant le COSCE, l’ONG 3D et le GRADEC, a posé ses valises à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). L’objectif affiché est clair : briser la spirale de la violence. Papa Assane Tine, chargé de projet au COSCE, a insisté sur l’urgence de prévenir de nouveaux drames, évoquant la mémoire de l’étudiant Abdoulaye Ba. Selon nos informations reprises d’Emedia, cette initiative a permis de réaliser un diagnostic sans complaisance, partagé avec les forces vives de la région, des autorités religieuses aux forces de défense et de sécurité.
Ce diagnostic doit aboutir à un cahier de recommandations destiné au ministère de l’Enseignement supérieur. Pour Papa Assane Tine, il s’agit de sortir de la gestion au cas par cas pour proposer des « réformes structurelles ». Interrogé sur la suspension des amicales d’étudiants, le responsable du COSCE a soutenu la décision des autorités universitaires, estimant que la préservation des vies humaines et la limitation des violences priment sur toute autre considération lorsque la sécurité est menacée.
**Le préalable technique au retour des amicales**
C’est sur ce point précis que l’administration de l’UASZ a apporté des éclaircissements attendus. Le docteur Ousmane Basse, directeur de la vie universitaire, est revenu sur la dissolution des amicales actée en novembre 2024. Une décision qui, selon lui, ne relevait pas du hasard mais d’une nécessité face aux blocages internes et aux désaccords profonds entre les responsables étudiants et leur base.
Si l’administration se dit prête à rétablir ces instances de dialogue, elle subordonne ce retour à une étape administrative incontournable. Le processus électoral ne pourra être enclenché qu’après le renouvellement complet des inscriptions et la délivrance des cartes d’étudiants pour l’année en cours. Ce n’est qu’une fois cette base électorale mise à jour que le rectorat, en lien avec les UFR, lancera l’appel à candidatures pour l’élection des délégués.
Malgré l’impatience de certains étudiants qui souhaitent accélérer la cadence, le docteur Basse temporise : « Il n’y a pas de péril à la demeure ». L’université mise désormais sur un dispositif rénové et des critères de représentativité plus stricts pour garantir que les futures amicales soient des vecteurs de stabilité plutôt que des sources de conflit.


