C’est une audience qui dépasse le simple cadre protocolaire pour prendre des allures de mission de sauvegarde économique. Le président du Honduras, Nasry Asfura, est attendu ce week-end à la résidence privée de Mar-a-Lago, en Floride, pour un premier échange direct avec Donald Trump depuis l’investiture de ce dernier. Si la dimension politique de cette rencontre est évidente, compte tenu du soutien affiché par le dirigeant républicain lors de la campagne présidentielle hondurienne de 2025, l’ordre du jour officiel porte sur des enjeux beaucoup plus pragmatiques et urgents pour Tegucigalpa.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, cette entrevue, qualifiée d’historique par la ministre hondurienne des Affaires étrangères Mireya Aguero, doit permettre d’aborder la situation complexe des ressortissants honduriens et les barrières commerciales récemment érigées. La présence confirmée du secrétaire d’État américain Marco Rubio aux côtés de la délégation hondurienne témoigne de l’importance stratégique accordée à ce déplacement par l’administration américaine.
Une pression commerciale chiffrée en milliards
Le dossier le plus brûlant sur la table concerne directement la survie du tissu exportateur hondurien. Le pays d’Amérique centrale subit de plein fouet les conséquences de la politique commerciale agressive mise en place par Washington, matérialisée par l’imposition d’un droit de douane global de 10 %. Cette mesure frappe une économie dont la dépendance vis-à-vis du marché américain est structurelle : selon les données de la Banque centrale du Honduras, 46,2 % des exportations nationales, représentant une valeur de 3,99 milliards de dollars, sont destinées aux États-Unis.
L’équation migratoire et les transferts de fonds
Au-delà des marchandises, c’est le sort de plus de deux millions de Honduriens résidant aux États-Unis qui sera au cœur des discussions. Pour le secrétaire de la Présidence du Honduras, Juan Carlos Garcia, cette question est indissociable de la stabilité financière du pays. Les transferts de fonds effectués par la diaspora s’élèvent à plus de 11 milliards de dollars annuels, constituant une manne indispensable pour l’économie locale.
Cette rencontre intervient dans un contexte où l’alignement diplomatique entre Tegucigalpa et Washington semble se renforcer. Avant même son entrée en fonction officielle, Nasry Asfura avait multiplié les gestes de rapprochement, rencontrant Marco Rubio à Washington et le Premier ministre Benjamin Netanyahu en Israël, signalant ainsi sa volonté d’ancrer le Honduras dans le sillage de la politique étrangère américaine.

