En Guinée, la procédure judiciaire visant l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana connaît un développement majeur. Détenu depuis avril 2022 et récemment condamné, l’ex-chef du gouvernement a bénéficié d’une remise en liberté sous conditions, ordonnée par la Cour de répression des infractions économiques et financières (Crief) le 5 mars 2025.
Selon les informations de l’agence Anadolu, cette mesure a été directement requise par le procureur spécial de la Crief, Aly Touré. Le magistrat a justifié cette décision par « humanisme », en raison de l’état de santé de l’ancien dirigeant. Lors d’une déclaration à la presse, il a précisé que depuis son incarcération, l’accusé a développé plusieurs pathologies ayant nécessité une hospitalisation prolongée.
Cette remise en liberté s’accompagne toutefois d’un changement financier drastique. Le procureur a révélé que l’État guinéen avait jusqu’ici pris en charge l’intégralité des soins d’Ibrahima Kassory Fofana, pour un montant évalué à près de 15 milliards de francs guinéens, soit environ 1,7 million de dollars américains. Désormais, l’ancien Premier ministre devra assumer lui-même le coût de son traitement médical.
La mesure reste par ailleurs strictement encadrée. Aly Touré a souligné que des conditions de sûreté ont été imposées pour garantir la sérénité de la procédure. Il a formellement prévenu qu’au moindre constat de transgression de ces règles, la liberté conditionnelle serait révoquée et l’inculpé retournerait en détention.
Cette annonce est intervenue lors de l’ouverture du procès en appel de l’ancien responsable politique, dont les audiences ont été suspendues jusqu’au 26 mars prochain. En février 2025, la justice l’avait reconnu coupable de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Il avait alors été condamné à cinq ans de prison ferme, à une amende de 2 milliards de francs guinéens et à la confiscation partielle de ses avoirs.
Pour rappel, Ibrahima Kassory Fofana a dirigé le gouvernement guinéen de mai 2018 jusqu’à la chute du président Alpha Condé en septembre 2021, suite au coup d’État mené par l’actuel chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya.

