Le commissaire européen à la Défense et à l’Espace, Andrius Kubilius, a plaidé dimanche en Suède pour la mise en place immédiate d’un Conseil européen de sécurité. Cette initiative vise à renforcer la réactivité de l’Union européenne face aux crises actuelles, en priorité la guerre en Ukraine et les mutations géopolitiques globales.
Selon les propositions avancées, ce nouvel organe serait constitué d’environ 10 à 12 membres, incluant les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, ainsi que des membres permanents et rotatifs. Andrius Kubilius estime que cette structure permettrait de dépasser le stade des débats pour préparer rapidement des décisions stratégiques. Il a également suggéré l’intégration du Royaume-Uni lorsque les discussions portent sur la sécurité européenne au sens large.
L’urgence de cette réforme s’explique par deux défis majeurs identifiés par le commissaire : la menace persistante de la Russie et le pivot stratégique des États-Unis vers la région Indo-Pacifique. D’après les informations rapportées par l’agence Anadolu, Andrius Kubilius a souligné que les dépenses militaires russes, en parité de pouvoir d’achat, équivalent désormais à environ 85 % des budgets de défense cumulés des États membres de l’UE. Il a précisé qu’aucun indicateur ne montre une volonté de paix de la part de Vladimir Poutine.
Face à la demande de Washington de voir l’Europe assumer davantage sa défense conventionnelle, l’UE a initié l’agenda « Defense Readiness 2030 ». Le responsable européen a insisté sur la nécessité pour le continent de se préparer à assurer sa sécurité au sein de l’OTAN, anticipant une potentielle réduction de la présence militaire américaine. Il a conclu en rappelant que le manque d’unité demeure la principale vulnérabilité de l’Europe.

