Les finances publiques sénégalaises font face, selon Mouhamed Fall Al Amine, à une séquence de tension marquée par un regroupement des échéances de dette sur une période très courte. Le président du Réseau Francophone des Journalistes économiques et financiers estime que l’Etat entre dans une phase où la trésorerie publique sera soumise à une pression inhabituelle.
Dans son analyse, relayée par Senegal7, il avance que le service de la dette doit atteindre environ 1 200 milliards de FCFA entre juin et juillet. Il détaille 582 milliards de FCFA à honorer en juin, puis 633 milliards en juillet. Pour lui, un tel niveau place les finances publiques dans une zone de forte contrainte. Il ajoute que lorsque la charge mensuelle de la dette dépasse durablement 300 milliards de FCFA, le pays s’expose à un choc macroéconomique majeur.
Mouhamed Fall Al Amine met aussi en avant la capacité limitée du marché financier régional à absorber de nouveaux besoins de l’Etat. Il indique que le Sénégal projette d’y mobiliser plus de 6 000 milliards de FCFA, alors même que ce marché montrerait déjà des signes de saturation, avec une liquidité plus rare et des investisseurs plus prudents. Il cite également des cessions de titres à maturité six mois après seulement trois mois de détention, un comportement qu’il interprète comme un signal de perception accrue du risque.
Cette alerte s’inscrit dans un contexte où, fin mars 2026, des données faisaient déjà état d’un fort dérapage des comptes publics. Le déficit budgétaire avait alors été chiffré à 12,3 % du PIB en 2024, au-dessus de la norme communautaire de 3 % de l’Uemoa, tandis que la dette publique brute était estimée à 119 % du PIB. Quelques jours plus tôt, l’économiste Moubarack Lo avait pour sa part mis en garde contre le recours à des solutions d’urgence financières, en soulignant les risques associés à certains mécanismes alternatifs de financement.
Mouhamed Fall Al Amine cite enfin plusieurs facteurs susceptibles d’alourdir encore la situation : l’absence prolongée de normalisation des relations avec le FMI, les tensions autour du détroit d’Ormuz avec un renchérissement du pétrole au-delà des hypothèses de la loi de finances, le durcissement monétaire de la BCEAO et le risque d’un retrait progressif des bailleurs sous-régionaux. Il affirme que le service de la dette atteindra 633 milliards de FCFA au mois de juillet.


