Après le refus ce mardi de la demande de liberté provisoire de Farba Ngom par le parquet, la ministre de la Justice, Yacine, a tenu un point de presse pour révéler des irrégularités graves au sein de la prison concernant le maire des Agnams. La garde des sceaux a dénoncé la « détention frauduleuse de téléphones portables » par le détenu, en violation du règlement intérieur des établissements pénitentiaires.
Des agissements de gravité extrême
Selon la ministre, des investigations menées depuis plusieurs semaines ont mis au jour des « agissements de gravité extrême susceptibles de porter atteinte à l’intégrité de la justice et à l’ordre public ». Farba Ngom est poursuivi dans le cadre de deux procédures distinctes pour des faits transnationaux, dont « association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie sur les deniers publics », portant sur des montants estimés à plus de 123 milliards de francs CFA, ainsi que pour complicité d’abus de biens sociaux.
Téléphones et communications transfrontalières
Lors d’une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans sa cellule du pavillon spécial, deux téléphones portables ont été découverts. Ces appareils ont été utilisés pour des communications transfrontalières avec le Maroc, le Mali, l’Autriche, le Bangladesh et les États-Unis, pour des opérations financières nationales et internationales, le suivi de chantiers et pour échanger avec de multiples personnalités politiques et médiatiques.
Interactions avec personnalités politiques et médiatiques
La ministre a précisé que Farba Ngom avait eu « 65 interactions avec un acteur politique en liberté provisoire, 400 échanges avec un autre homme politique et ses avocats, 275 interactions avec une journaliste patronne de presse, 60 interactions avec un journaliste en litige et 158 échanges avec un directeur de publication ».
Contenus confidentiels et manœuvres politiques
Ces téléphones ont également servi à « recevoir et diffuser des procès-verbaux judiciaires confidentiels », à partager « du contenu pornographique » et à organiser « des manœuvres politiques susceptibles de troubler l’ordre public ». La ministre a indiqué que le bâtonnier de l’ordre des avocats sera saisi pour traiter les aspects relatifs aux échanges impliquant des avocats.














