La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) du Maroc a publié un communiqué ferme pour démentir les informations faisant état de la mort d’un ressortissant sénégalais, Cheikh Diouf, agressé à l’arme blanche après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Si cette prise de position officielle se veut rassurante et catégorique, plusieurs éléments soulèvent néanmoins des interrogations légitimes et appellent à une lecture critique, au regard des faits tels qu’ils sont eux-mêmes exposés par les autorités marocaines.
D’abord, la DGSN affirme qu’aucun meurtre ni aucune agression mortelle n’a été enregistré sur le territoire marocain. Pourtant, dans le même communiqué, elle reconnaît la découverte du corps sans vie d’une personne « originaire d’Afrique subsaharienne » dans la ville de Salé. Cette coexistence de deux affirmations — absence de crime d’un côté, existence d’un décès inexpliqué de l’autre — constitue déjà une première zone de flou, d’autant plus que l’identité du défunt n’est toujours pas établie.
Ensuite, les autorités évoquent l’absence de signes apparents de violence, tout en mentionnant des morsures attribuées à des chiens errants. Or, la présence de telles marques, même si elles sont supposées postérieures au décès, ne permet pas en soi d’exclure d’autres causes, notamment dans un contexte de tensions et de violences signalées après la finale. Le recours annoncé à une autopsie médico-légale confirme d’ailleurs que la cause exacte de la mort n’est, à ce stade, pas scientifiquement établie.
Autre élément troublant : la DGSN reconnaît qu’un ressortissant sénégalais, dont l’identité circule sur les réseaux sociaux comme celle de la victime présumée, existe bel et bien et possède une carte de séjour marocaine. Toutefois, son absence à l’adresse déclarée est présentée comme un simple détail administratif, alors qu’elle alimente au contraire les interrogations sur sa situation réelle et son éventuel lien avec le corps découvert.
Enfin, le communiqué insiste sur le caractère infondé des informations relayées par des comptes sénégalais, sans pour autant expliquer pourquoi, plusieurs heures après les faits, l’identité du défunt reste inconnue, malgré la coopération annoncée avec Interpol et les autorités sénégalaises.










