Alioune Badara Kane dénonce le silence médiatique de la RTS
Au lendemain d’une finale de Coupe d’Afrique des nations particulièrement tendue entre le Sénégal et le Maroc, la riposte médiatique sénégalaise est jugée largement insuffisante. Le journaliste et syndicaliste Alioune Badara Kane n’a pas mâché ses mots pour critiquer la gestion de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), sous la direction de Pape Alé Niang.
Selon lui, le constat est sans appel : sur la scène internationale, « le football sénégalais se fait tailler en pièces » sans que le pays ne parvienne à défendre efficacement sa position. En cause, l’absence d’émissions de référence en langue française sur la chaîne publique. « Sur la RTS, toutes les grandes émissions en français ont disparu », regrette-t-il, estimant que cette situation paralyse la voix du Sénégal à l’international.
Alioune Badara Kane rappelle avec insistance le rôle stratégique d’une télévision nationale : « La télévision publique est un instrument de soft power, pas une chaîne YouTube destinée exclusivement au public local », martèle-t-il. Pour lui, l’enjeu dépasse largement le cadre sportif et touche à l’image, à la crédibilité et à la souveraineté médiatique du pays.
Le syndicaliste pointe également une situation qu’il qualifie de paradoxale, voire humiliante. « Le plus drôle, c’est que c’est la chaîne publique algérienne, pourtant issue d’un pays arabe très souverainiste, qui assure la défense du Sénégal », souligne-t-il. Une réalité qui pousse de nombreux Sénégalais à relayer des extraits de médias étrangers pour « déconstruire les mensonges de la FIFA, de la CAF et du Maroc ».
Pour Alioune Badara Kane, ce silence de la télévision nationale illustre une « gestion cavalière et populiste » de l’audiovisuel public, aux conséquences lourdes. Selon lui, ce choix affaiblit le rayonnement diplomatique et médiatique du Sénégal, au moment même où l’information est devenue un champ de bataille stratégique.
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La manœuvre de transfert exécutée par les agents fédéraux au mépris de l’ordonnance de libération d’une enfant de deux ans
Une opération des services d’immigration a pris une tournure judiciaire complexe à Minneapolis, impliquant le transfert transétatique d’un père et de sa fille en bas âge. Alors que la justice fédérale était intervenue pour empêcher leur déplacement, les agents ont maintenu leur protocole de transfert vers le sud du pays avant de devoir faire machine arrière.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, les faits débutent jeudi dernier lorsque Elvis Joel TE, un ressortissant équatorien, et sa fille de deux ans sont interpellés par les autorités américaines de l’immigration (ICE). L’arrestation s’est produite vers midi, au retour d’une course, devant leur domicile de Minneapolis. D’après les avocats de la famille, l’intervention s’est déroulée sans mandat, les agents ayant pénétré dans la propriété privée et brisé la vitre du véhicule pour extraire l’enfant.
Une bataille juridique s’est immédiatement engagée. Un juge fédéral du Minnesota a émis une ordonnance interdisant le transfert du père et de la fille hors de l’État, exigeant par la suite la remise immédiate de l’enfant à son conseil juridique, Me Kira Kelley. Le magistrat a motivé sa décision par l’absence d’antécédents judiciaires de la fillette et le « risque de préjudice irréparable » qu’elle encourait.
Malgré cette injonction judiciaire, les services de l’immigration ont procédé au transfert des deux interpellés. Les documents judiciaires et les déclarations des avocats indiquent que le père et l’enfant ont été placés sur un vol à destination d’un centre de détention au Texas. Ce n’est qu’après ce déplacement, effectué en dépit de l’ordonnance, que les autorités ont ramené les deux individus dans le Minnesota. L’enfant a finalement été remise à sa mère, tandis que le père demeure en détention.
Les versions des deux parties s’opposent sur les circonstances de l’arrestation. Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) justifie l’opération par le statut d’Elvis Joel TE, qualifié d’immigrant en situation irrégulière ayant déjà fait l’objet d’une entrée illégale. Le DHS affirme que le père conduisait de manière erratique et avait refusé d’obtempérer. Concernant l’enfant, les autorités soutiennent avoir tenté de la confier à la mère sur place, essuyant un refus de cette dernière.
Cette version est catégoriquement contestée par la défense. Me Kira Kelley assure que la mère, terrifiée à l’intérieur du domicile, n’a jamais refusé de prendre sa fille. Selon l’avocate, les agents ont délibérément empêché le père de remettre l’enfant à sa famille avant de les emmener. Une requête d’urgence a été déposée pour contester la détention du père, qui a par ailleurs une demande d’asile en cours d’examen.
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La suite du récit télévisuel qui confronte la société dakaroise à ses propres secrets familiaux
Le paysage audiovisuel sénégalais continue de s’enrichir de productions qui dépassent le simple cadre du divertissement pour toucher aux réalités sociétales profondes. Au cœur de cette offre culturelle, la fiction mettant en scène le quotidien de femmes dakaroises face aux pesanteurs sociales poursuit sa diffusion. La trame narrative, centrée sur la résilience et la solidarité féminine, franchit une nouvelle étape.
Selon les éléments relayés par nos confrères de Kawtef, la série « Hakkee Rewbe » enrichit son catalogue avec la mise à disposition des épisodes 11 et 12. Cette double diffusion permet de retrouver le trio central composé de Hanni, Mignelle et Diarryatou, dont les parcours croisés illustrent les défis contemporains des femmes dans la capitale.
L’intrigue maintient son ancrage dans une réalité sociale complexe. Le scénario confronte directement ses protagonistes à une triple adversité : le poids immuable des traditions, les injustices sociales structurelles et l’impact des secrets de famille sur les trajectoires individuelles. La production insiste sur la dynamique de combat quotidien mené par ces personnages pour faire valoir leurs droits.
Au-delà de la narration, l’œuvre se positionne comme un vecteur de parole. En dépeignant la solidarité nécessaire entre ces trois femmes, la série ambitionne, selon le synopsis officiel, d’offrir une résonance à « celles que l’on réduit trop souvent au silence », faisant de la résilience le moteur principal de l’action.
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Au milieu du chaos soudanais, les statistiques gouvernementales qui confirment l’ampleur inédite des crimes sexuels ciblés
Depuis avril 2023, le Soudan est le théâtre d’un conflit armé dévastateur qui, au-delà des affrontements militaires directs, cible spécifiquement les populations civiles. Dans ce contexte de crise humanitaire majeure, les violences basées sur le genre ont pris une dimension systématique, alertant les instances internationales et les organisations de défense des droits humains. Des données récentes, communiquées par les autorités locales et relayées par Anadolu, permettent désormais de mesurer plus précisément l’étendue de ces exactions utilisées comme arme de guerre.
La ministre soudanaise des Affaires sociales a officiellement brisé le silence sur l’ampleur du phénomène en ce mois de janvier 2026. Selon les registres de son département, plus de 1 800 cas de viols ont été recensés sur la période s’étendant d’avril 2023 à octobre 2025. Ces agressions sont majoritairement attribuées aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), pointés du doigt pour leurs actions répétées à l’encontre des civils.
Ces chiffres gouvernementaux sont corroborés par les enquêtes de terrain menées par la société civile. Le réseau SIHA (Strategic Initiative for Women in the Horn of Africa) a documenté près de 1 300 incidents de violences sexuelles répartis dans 14 États du pays. L’organisation impute 87 % de ces actes aux FSR, soulignant le caractère non accidentel de ces crimes.
La situation apparaît particulièrement critique dans l’État du Darfour-Nord. Des témoignages recueillis par Amnesty International font état de scènes de violences extrêmes à El-Fasher, incluant des viols, des exécutions et des enlèvements survenus lors de la prise de la ville. Les rapports d’organisations telles que Human Rights Watch décrivent des pratiques allant du viol collectif à l’esclavage sexuel et aux mariages forcés, qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Face à cette situation, les Nations unies et diverses agences humanitaires avertissent que des millions de femmes et de filles, y compris des enfants, demeurent exposées à ces risques. La Cour pénale internationale (CPI) poursuit ses enquêtes sur ces violations graves des droits humains, qui s’inscrivent dans une longue histoire de conflits internes ayant déjà provoqué des millions de déplacements à travers le pays.
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Démantèlement d’un réseau de trafic de drogues de synthèse
Le Commissariat d’arrondissement de Thiaroye a porté un coup dur au trafic de drogues de synthèse ce 23 janvier 2026. Deux individus ont été interpellés lors d’une opération menée par la Brigade de Recherche (BR), aboutissant à la saisie d’une importante quantité de substances illicites.
Agissant sur la base d’un renseignement opérationnel, les enquêteurs ont mis en place une surveillance ciblée d’un réseau actif entre Thiaroye Gare et Guinaw Rails. L’intervention s’est déroulée au niveau du rond-point du foirail de Thiaroye Gare, où les suspects ont été appréhendés alors qu’ils circulaient à bord d’une moto de marque Beverly.
La fouille a permis de découvrir 1 575 comprimés d’ecstasy ainsi que deux blocs de MDMA, dissimulés dans un sachet plastique. Une fouille corporelle a également conduit à la saisie d’une somme d’argent en numéraire, de deux billets en devise étrangère et d’une pompe à gaz.
Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue. L’enquête se poursuit afin d’identifier les éventuelles ramifications de ce réseau de distribution et d’interpeller d’autres personnes impliquées.
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Inexistante jusqu’à présent sur le sol marocain, la filière industrielle qui mobilise désormais 640 millions d’euros d’investissements chinois à Driouch
Le dynamisme industriel du Royaume chérifien franchit un nouveau palier dans la région de l’Oriental. Alors que le pays s’est imposé ces dernières années comme une plateforme incontournable de l’assemblage automobile, un maillon essentiel de la chaîne de valeur manquait encore à l’appel pour assurer une souveraineté complète du secteur. Ce vendredi 23 janvier, dans la zone d’accélération industrielle de Betoya, les autorités marocaines et leurs partenaires asiatiques ont officiellement lancé les travaux d’une infrastructure d’envergure, destinée à combler ce vide structurel.
C’est une première dans l’histoire industrielle du pays. Le groupe chinois Shandong Yongsheng Rubber, via sa filiale « Goldensun Tire Morocco », engage un investissement massif de 6,7 milliards de dirhams, soit environ 640 millions d’euros, pour implanter une usine de fabrication de pneumatiques. Selon les informations relayées par Agence Afrique, ce complexe s’étendra sur 52 hectares dans la province de Driouch. Il s’agit du plus grand projet de ce type sur le continent, avec une capacité de production prévisionnelle de 18 millions de pneus par an une fois opérationnel, début 2027.
L’impact socio-économique annoncé est significatif pour cette région du nord-est du Maroc. Le projet prévoit la création de 1 737 emplois directs. Au-delà des chiffres, cette implantation marque une rupture technologique : le Maroc, bien que performant dans la construction automobile, ne produisait pas encore ses propres pneumatiques. L’usine intégrera des unités de recherche et développement, favorisant le transfert de compétences et la montée en gamme locale, consolidant ainsi la position du Maroc sur l’échiquier mondial, quelques jours après la reconnaissance diplomatique obtenue par le Royaume à Davos.
Le choix de l’emplacement répond à une logique logistique précise. Situé à proximité du port Nador West Med, le futur site bénéficiera d’un accès direct aux marchés d’exportation vers l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Pour les autorités, cette infrastructure portuaire joue un rôle central, similaire à celui de Tanger-Med, dans l’intégration du Royaume aux chaînes de valeur mondiales.
Lors de la cérémonie de lancement, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, a qualifié ce chantier d’« étape structurante ». Il a mis en avant la capacité du pays à concrétiser rapidement des investissements lourds grâce à un écosystème coordonné. Ce projet s’inscrit dans la continuité de l’Initiative royale pour le développement de l’Oriental et bénéficie des incitations de la nouvelle Charte de l’investissement, envoyant un signal de stabilité aux capitaux étrangers.
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50 ans de musique érigés en objet scientifique
L’amphithéâtre de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation (FASTEF) a accueilli, ce vendredi 23 janvier 2026, une rencontre peu ordinaire dans le paysage académique sénégalais. À l’occasion des 50 ans de carrière artistique de Souleymane Faye, le monde universitaire a choisi de soumettre son œuvre à une lecture scientifique, marquant une rupture nette avec l’approche traditionnelle réservée aux figures musicales nationales.
Organisé par le Groupe de recherche sur les expressions culturelles et contemporaines (GRECC), ce colloque international, placé sous le thème « 50 ans de création : entre musique et société », réunit durant deux jours universitaires, linguistes, sociologues et philosophes. L’objectif affiché est clair : démontrer que la production artistique de Souleymane Faye dépasse le cadre du divertissement pour s’inscrire comme un véritable corpus de savoirs, porteur de réflexions sociales, historiques et linguistiques.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette initiative s’inscrit dans une volonté de revalorisation du statut de l’artiste dans la société sénégalaise. Le Pr Mamadou Dramé, coordonnateur du GRECC, estime que les textes de Souleymane Faye constituent une matière intellectuelle à part entière. « Chanter, c’est aussi éduquer », a-t-il affirmé, plaidant pour l’intégration de telles œuvres dans les curricula scolaires et universitaires. Pour lui, certains artistes doivent être reconnus comme des intellectuels populaires, producteurs de pensée critique.
La portée philosophique de l’œuvre a également été soulignée par le Pr Bacary Sarr, représentant du ministère de la Culture. Il a décrit Souleymane Faye comme un « veilleur » et un « philosophe populaire », dont l’esthétique parfois jugée dérangeante interroge les normes sociales, la marginalité et les contradictions de la modernité. Cette posture critique confère à ses textes une dimension éthique et politique essentielle.
Représentant le Recteur de l’UCAD, le Pr Babacar Mbaye a, pour sa part, insisté sur la nécessité de bâtir des passerelles entre savoir académique et savoir culturel. À travers l’analyse de ces cinq décennies de création, l’université ne se contente pas de rendre hommage à un artiste, mais s’attèle à l’étude d’une véritable matrice intellectuelle, révélatrice des dynamiques profondes de la société sénégalaise.
Ce colloque consacre ainsi Souleymane Faye comme un objet scientifique légitime, dont l’engagement social, la richesse linguistique et la profondeur réflexive s’imposent désormais comme des clés indispensables pour comprendre le Sénégal contemporain.
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DIRECT – Imam Kanté face à l’actu : Étudiant poignardé à l’UCAD, tensions Maroc-Sénégal, primes des Lions…
Dans l’émission « Actu ak Diné », de ce samedi 24 janvier 2026, Imam Kanté fait le point sur les sujets chauds de la semaine. Synthèse, analyse et décryptage au menu, suivez les chroniques en direct sur SeneNews TV.
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Le choix de grille de la RTS identifié comme le frein majeur à la défense des intérêts nationaux
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre le Sénégal et le Maroc a laissé place à une confrontation qui dépasse le simple cadre sportif. Alors que la tension reste vive entre les deux nations sur le plan diplomatique et médiatique, la capacité de riposte du Sénégal est aujourd’hui remise en question par des voix internes. Au cœur des critiques formulées par le journaliste et syndicaliste Alioune Badara Kane, la stratégie actuelle de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) est pointée du doigt comme le facteur principal de l’invisibilité du pays sur la scène internationale.
Selon les observations rapportées par nos confrères de Kawtef, Alioune Badara Kane établit un lien direct entre les choix de gestion de Pape Alé Niang et l’incapacité du Sénégal à porter sa voix au-delà de ses frontières. Pour le syndicaliste, le football sénégalais se retrouve « taillé en pièces » à l’étranger sans qu’aucune réplique officielle ne soit audible. La cause identifiée n’est pas un manque de volonté, mais une décision structurelle : la disparition quasi totale des grandes émissions d’envergure en langue française sur la chaîne publique.
L’analyse repose sur une distinction fondamentale entre communication locale et rayonnement international. Alioune Badara Kane rappelle que la télévision nationale doit agir comme un « instrument de soft-power » destiné à défendre l’image et les intérêts du pays face aux instances comme la FIFA ou la CAF. Il déplore que la RTS, en supprimant ces tranches de débats accessibles à une audience francophone internationale, se comporte désormais comme « une chaîne YouTube dédiée exclusivement au public local ».
Cette défaillance stratégique engendre une situation que le journaliste qualifie de paradoxale. Dans cette guerre de l’information post-CAN, la défense des intérêts sénégalais ne provient plus de Dakar, mais d’Alger. Alioune Badara Kane relève avec ironie que c’est la chaîne publique algérienne, issue d’un « pays arabe très souverainiste », qui assure la réplique face aux narratifs marocains. Les citoyens sénégalais se retrouvent ainsi contraints de relayer des extraits de médias algériens pour « déconstruire les mensonges » perçus, faute de production nationale capable de porter ce discours à l’international.
Le syndicaliste conclut en qualifiant la direction actuelle de la RTS de « gestion cavalière et populiste ». Selon lui, ce repli identitaire dans la programmation, bien que potentiellement populaire au niveau domestique, prive le Sénégal de son levier d’influence diplomatique le plus puissant au moment où l’image de l’équipe nationale et du pays nécessite une défense structurée et audible hors des frontières.
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