L’avenir de la tenue unique à l’école, initiative phare portée par le précédent gouvernement français, rencontre sa première épreuve de réalité sur le terrain. Alors que la phase de test devait servir de tremplin vers une éventuelle généralisation, la municipalité de Reims a officialisé la fin de l’expérimentation au terme de l’année scolaire en cours. Cette décision, loin d’être liée à un rejet pédagogique, découle directement des arbitrages financiers actuels au niveau national.
Une fin de non-recevoir budgétaire
La ville de Reims, qui avait engagé cinq de ses écoles dans ce dispositif depuis la rentrée 2024, ne prolongera pas l’expérience au-delà de juin 2026. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette interruption est la conséquence directe de l’absence de crédits dédiés dans le projet de budget de l’État pour l’année 2026. Les financements qui avaient permis de lancer les deux années d’essai n’ont pas été reconduits dans les documents actuellement en discussion au Parlement.
La municipalité rémoise a clairement indiqué qu’elle ne pouvait assumer seule la charge financière d’un tel projet. Véronique Marchet, première adjointe chargée de l’éducation, a précisé la position de la ville : « On fait notre part jusqu’au bout. On est une aide à la décision, pour que l’État décide de poursuivre cette mesure, ou pas ».
L’équation financière impossible pour les collectivités
Les chiffres avancés par la mairie illustrent l’ampleur du coût que représenterait une poursuite sans soutien étatique. L’expérimentation actuelle, qui concerne entre 640 et 825 élèves selon les années, a nécessité un investissement annuel d’environ 70 000 euros. Une généralisation à l’ensemble des 13 000 écoliers de la commune est jugée insoutenable par les élus locaux. « Il n’est pas question de le prendre en charge pour plus de 13 000 élèves », a tranché l’élue locale.
Un arrêt en dépit d’une adhésion locale
Ce coup d’arrêt intervient paradoxalement alors que le bilan qualitatif de l’opération semblait positif. Un sondage réalisé par la ville de Reims a révélé une perception favorable du dispositif : six élèves sur dix déclarent apprécier la tenue, et trois parents sur quatre la recommandent. Malgré ces indicateurs encourageants, la collectivité conditionne strictement toute suite à une prise en charge par l’État.
Lancé sous l’impulsion de Gabriel Attal en 2023 avec le soutien du président Emmanuel Macron, le projet visait une généralisation potentielle en 2026. Si le ministère de l’Éducation nationale assure que l’évaluation nationale est « lancée », l’absence de ligne budgétaire pour l’année charnière laisse les villes pilotes, comme Reims, Tourcoing ou Nice, dans l’incertitude quant à la pérennité de cette politique publique.








