Le territoire irakien devient de plus en plus le théâtre d’affrontements directs dans le conflit qui embrase le Moyen-Orient. Face à la multiplication des frappes ciblées impliquant les forces américaines et des groupes armés soutenus par l’Iran, le gouvernement de Bagdad a officiellement interpellé l’administration américaine pour préserver sa souveraineté.
Lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani a souligné la nécessité de garantir que l’espace aérien, le territoire et les eaux de l’Irak ne soient utilisés pour aucune action militaire ciblant les pays voisins ou la région. Il a fermement rejeté toute tentative d’entraîner son pays dans les conflits en cours, ainsi que toute violation de son espace aérien.
Cette mise au point diplomatique intervient dans un contexte de forte tension. Selon le réseau Al Jazeera, plusieurs bombardements ont secoué l’Irak mardi. Le groupe Kataib Imam Ali, une faction soutenue par l’Iran et affiliée aux Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), a déclaré avoir perdu quatre combattants et recensé douze blessés lors d’une attaque aérienne dans le district de Dibis, dans la province de Kirkouk. La faction impute cette opération aux États-Unis. La cellule de communication sécuritaire du gouvernement irakien a confirmé la mort de plusieurs combattants dans ce bombardement, sans toutefois désigner officiellement l’auteur de la frappe.
En parallèle, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé mardi avoir ciblé la base aérienne d’Al-Harir, située dans la région autonome du Kurdistan irakien, avec cinq missiles, affirmant viser un quartier général de l’armée américaine.
Les infrastructures diplomatiques et militaires subissent également des assauts répétés. L’aéroport international de Bagdad, qui abrite une base militaire et une installation diplomatique américaine, a été visé par des drones et des roquettes. Lundi soir, les forces antiterroristes kurdes ont signalé que la coalition dirigée par les États-Unis avait abattu trois drones chargés d’explosifs au-dessus d’Erbil, la capitale de la région du Kurdistan.
L’un de ces appareils, qui ciblait vraisemblablement le consulat américain selon une source sécuritaire kurde, a manqué son objectif pour s’écraser à proximité de la mission diplomatique des Émirats arabes unis. Le gouvernement régional du Kurdistan a condamné cette attaque non provoquée, dénonçant une violation des lois internationales visant des civils et des institutions culturelles.










