Plusieurs éléments matériels relevés dans l’affaire de la mort du jeune quincaillier Moustapha Samb à Keur Mbaye Fall viennent alimenter le débat autour des circonstances du drame et fragilisent la thèse d’un meurtre évoquée dans le quartier de la rue 10.
Des habitants interrogés mettent d’abord en avant la configuration de la concession où les faits se sont produits. À leurs yeux, un homicide dans une telle habitation aurait difficilement pu passer inaperçu. « On ne peut pas commettre un meurtre dans cette maison sans attirer l’attention des colocataires, et surtout des voisins », soutiennent certains riverains.
D’autres témoins insistent sur l’absence d’indices visibles pouvant accréditer l’hypothèse d’une agression. « Aucune trace de lutte, ou de violences visibles n’a été constatée ni dans l’appartement ni dans la chambre du défunt. Il n’y avait ni désordre ni indice apparent de meurtre », affirment-ils.
Ils rappellent également la forte corpulence du défunt, estimant qu’une éventuelle altercation aurait vraisemblablement provoqué un important vacarme. Autre élément avancé : l’absence de traces d’effraction dans l’appartement ou la chambre.
Des habitants expliquent que la porte de l’appartement ne pouvait être ouverte de l’extérieur qu’à l’aide d’une clé et qu’elle était fermée au moment de la découverte du corps. Aucun indice attestant l’irruption d’intrus, ni d’empreintes étrangères visibles, n’aurait été relevé sur les lieux. Ils évoquent aussi la présence d’empreintes de mains tachées de sang sur la corde utilisée lors de la pendaison présumée.
Par ailleurs, certaines personnes présentes dans le voisinage indiquent que le défunt présentait des signes généralement observés observés dans les cas de pendaison, notamment des émissions involontaires d’urine et de selles. Ces éléments restent toutefois à confronter aux conclusions officielles de l’enquête et des expertises médico-légales.
Un ami de Moustapha Samb a également livré des confidences que celui-ci lui aurait faites peu avant son décès. « On a l’habitude de s’entraîner sur le terrain. Dimanche dernier, il m’a dit : “Boy, temps yii nekuma. Damaa wara dem sangu, geej” », rapporte-t-il. Traduit du wolof, ce propos signifie : « Je ne me sens pas bien ces temps-ci. Je crois que je dois aller me baigner à la mer pour me libérer. » D’après cet ami, ces confidences ont été confirmées par l’un des frères du défunt.


