Selon Moussa Mamadou Baldé, responsable du programme de sécurité alimentaire et de résilience du CRADESC, le Centre de recherche et d’action pour les droits économiques, sociaux et culturels a dégagé une enveloppe de 60 millions de francs CFA destinée à soutenir quatre sociétés coopératives agricoles de la zone des Niayes, dans le cadre d’un fonds rotatif.
Ce financement cible surtout les aspects liés à la transformation, à la commercialisation et à l’inclusion des femmes et des jeunes. Dans une première phase, quatre des dix coopératives que compte l’Union des sociétés coopératives de la zone ont été sélectionnées pour bénéficier chacune d’un financement de 15 millions FCFA. Ce montant doit faciliter l’accès aux intrants, soutenir la commercialisation des productions agricoles et développer des activités de transformation.
Moussa Mamadou Baldé a expliqué que cette initiative vise à consolider l’agriculture familiale dans les Niayes, un modèle considéré comme un pilier stratégique de l’économie sociale et solidaire au Sénégal. Il s’exprimait lors d’un atelier de deux jours consacré au renforcement des capacités des coopératives agricoles, notamment celles regroupant des producteurs en situation de handicap. La formation a porté sur les rôles et responsabilités des membres des conseils d’administration ainsi que sur les mécanismes de contrôle et de gouvernance des comités de surveillance.
Le dispositif prévoit qu’au moins 30 % des financements soient orientés vers des initiatives portées par les femmes et les jeunes, notamment dans la transformation des produits horticoles et fruitiers. Le fonds, mis en place sous une forme rotative avec un taux d’intérêt social de 1 %, devra être fructifié sur une période de 12 mois avant d’être réaffecté à d’autres coopératives bénéficiaires.
Aminata Kamité, présidente du Réseau des femmes transformatrices et productrices de la commune de Keur Moussa, a salué ce financement qui, selon elle, permettra aux femmes de renforcer leur présence dans la chaîne de valeur agricole. « Ce fonds va nous permettre d’acheter les productions issues des récoltes en cours, de développer la transformation et d’augmenter la valeur ajoutée de nos activités », a-t-elle déclaré. De son côté, Ousseynou Gaye, président de la coopérative de Rao, a estimé que cette initiative répond à des préoccupations majeures des organisations paysannes de l’axe Dakar-Saint-Louis, notamment en matière d’accès aux intrants, de transformation et de commercialisation.


