Dans son édition du journal de 20h, diffusée lundi 11 mai, France TV a proposé un reportage sur la situation des personnes homosexuelles au Sénégal. Si la chaîne publique française y dénonce les violences populaires subies par certains présumés homosexuels, le sujet a rapidement suscité une vive polémique, notamment au sein de l’opinion Sénégalaise.
La principale pierre d’achoppement réside dans le témoignage d’un Sénégalais homosexuel, interrogé sous couvert d’anonymat. Ce dernier affirme que ses concitoyens auraient été éduqués avec la croyance que « s’ils tuent un homosexuel, ils iront au paradis ».
Réactions sur les réseaux sociaux
Une déclaration qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. « Je suis Sénégalais, mais c’est la première fois que j’entends ça », s’insurge un internaute. « Ce sont des mensonges », renchérit un autre, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une tentative de diabolisation de la société Sénégalaise.
Mais la controverse ne s’arrête pas là. Les détracteurs du reportage reprochent à France TV un angle de traitement partial. Selon eux, le sujet laisse entendre que les arrestations et condamnations en cours au Sénégal seraient uniquement motivées par l’orientation sexuelle des mis en cause. Or, soulignent-ils, les personnes interpellées depuis le début de cette affaire le sont pour transmission volontaire du VIH-SIDA, un chef d’accusation distinct prévu par la loi.
Plus étonnant encore : le reportage a interrogé des médecins du Centre national de lutte contre le SIDA, sans qu’à aucun moment la question de la transmission volontaire du virus ne soit évoquée.
Pour de nombreux Sénégalais, et au-delà, ce traitement médiatique relève d’un « narratif visiblement orienté » qui invisibilise des faits juridiques pourtant centraux dans l’affaire.



