« Nous sommes obligés de re-imaginer la manière dont nous organisons nos sociétés et construisons des systèmes politiques inclusifs dans lesquels tout le monde se retrouve », a déclaré Ebrima Sall, directeur exécutif de l’organisation Trust Africa, lors d’un panel à Dakar.
Selon APS, M. Sall s’exprimait mardi 13 mai à l’issue d’une série de panels sur le thème « Repenser la gouvernance et les stratégies de financement pour le changement en Afrique ». Il a estimé que les références traditionnelles en matière de gouvernance sont aujourd’hui « ébranlées » par les multiples crises qui secouent le monde et la sous-région ouest-africaine.
Repenser la démocratie à partir des réalités africaines
« Les questions de gouvernance sont devenues extrêmement complexes. Beaucoup de certitudes que nous avions dans le passé ne tiennent plus », a-t-il ajouté. Pour lui, les crises institutionnelles au sein de la CEDEAO, les conflits persistants dans certains pays de la région et les tensions internationales imposent une nouvelle réflexion sur la manière de comprendre et de pratiquer la démocratie.
Ebrima Sall a insisté sur la préservation des « traditions, des valeurs et de l’humanité africaine » comme leviers pour renforcer la cohésion sociale et restaurer la confiance des populations envers les institutions publiques. « L’essentiel aujourd’hui, c’est de bâtir des sociétés dans lesquelles chacun trouve sa dignité et des raisons de continuer à espérer », a-t-il affirmé, estimant que la gouvernance ne peut plus être fondée sur « l’exclusion, l’appropriation privée des ressources publiques ou l’imitation systématique de modèles extérieurs ».
Abordant la question du financement, le responsable de Trust Africa a soutenu que l’Afrique dispose de ressources suffisantes pour soutenir sa propre transformation économique et institutionnelle. Il a cité des ressources estimées à « plusieurs milliers de milliards de dollars », tout en rappelant un déficit de financement évalué à près de 400 milliards de dollars. « Cela signifie qu’il y a des dysfonctionnements qu’il faut corriger. Nous devons être mieux organisés, plus solidaires et regarder l’avenir ensemble », a-t-il conclu.
Les échanges ont réuni des chercheurs, intellectuels et acteurs de la société civile basés au Sénégal, dans le but de nourrir une réflexion collective sur l’avenir démocratique de la sous-région.


