80 % des transactions bancaires passent déjà par le digital chez Ecobank Côte d’Ivoire, un indicateur que la banque met au centre de sa nouvelle feuille de route. La filiale veut s’appuyer sur cette transformation pour financer l’industrialisation, élargir l’inclusion bancaire et renforcer sa place sur le marché régional.
Que veut désormais montrer Ecobank Côte d’Ivoire ?
La banque ne veut plus être perçue comme un simple financeur. Lors d’une rencontre avec la presse économique, à laquelle Afrimag a pris part, sa direction a expliqué vouloir quantifier son impact réel et accompagner durablement des secteurs clés de l’économie ivoirienne.
Quels secteurs sont présentés comme prioritaires ?
Ecobank Côte d’Ivoire cite d’abord les infrastructures, jugées indispensables à l’émergence économique du pays. La banque vise aussi l’agriculture, au-delà du seul cacao, un secteur qui représente 16 % du PIB ivoirien.
Un desk spécial est consacré à l’agriculture depuis 2025. Les secteurs minier et pétrolier figurent également parmi les moteurs ciblés pour les années à venir.
Pourquoi l’industrialisation occupe-t-elle une place centrale ?
Pour la direction, la grande priorité reste l’industrialisation. Paul-Harry Aithnard estime que la banque doit apporter des financements et connecter l’État ainsi que les opérateurs aux investisseurs internationaux.
L’exemple de la Malaisie est avancé comme horizon possible pour la Côte d’Ivoire. Le pays est présenté comme étant passé de 100 à 400 milliards de dollars de PIB en 25 ans, à condition de « jouer collectif ».
En quoi la digitalisation est-elle décrite comme l’accélérateur du projet ?
La digitalisation est présentée comme l’outil clé pour toucher les populations peu bancarisées, y compris en zone rurale. Ecobank met en avant des comptes ouverts en ligne et des parcours de plus en plus dématérialisés.
La banque développe aussi l’ouverture de comptes à distance, le paiement par alias et le retrait sans carte. Dans ce schéma, les agences ne disparaissent pas, mais sont reconverties en espaces de conseil.
Quels obstacles la banque dit-elle devoir surmonter ?
Ecobank explique que le financement de l’industrialisation suppose l’éclosion de champions nationaux et des infrastructures fiables. L’inclusion bancaire se heurte aussi, selon elle, à un taux d’alphabétisation relativement bas.
Autre défi cité : atteindre les zones reculées sans multiplier les agences. La banque dit s’appuyer sur des acteurs locaux avec son produit Point Xpress et envisager des partenariats stratégiques, tout en plaçant la sécurisation des données parmi ses priorités, avec tests de pénétration, gouvernance renforcée et protection des données personnelles. En clôture, ces éléments ont été détaillés lors de cet échange relayé par Afrimag.


