Au moins 50 djihadistes de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest ont été tués, a affirmé vendredi l’armée nigériane après une opération menée la veille dans l’Etat de Yobe, dans le nord-est du Nigeria. Deux soldats ont aussi été tués, selon le bilan communiqué par l’armée après cette attaque visant le quartier général de la 27e brigade à Buni Gari et le poste de contrôle de la ville.
Que s’est-il passé à Buni Gari ? Jeudi, vers 2 heures du matin, l’armée dit avoir repoussé une attaque coordonnée de l’EIAO, aussi connu sous l’acronyme anglais Iswap, lancée depuis plusieurs axes contre ses positions dans cette ville de l’Etat de Yobe. Dans son communiqué, elle évoque une « puissance de feu dévastatrice », une « tactique militaire brillante » et affirme avoir récupéré une importante quantité d’armes et de munitions sur les assaillants en fuite.
Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas
Que sait-on avec certitude ? Des photos publiées par l’armée, qu’a également consultées Le Monde, montrent des corps ainsi que des armes et des munitions. Une source du renseignement interrogée sous couvert d’anonymat a confirmé à l’AFP l’attaque et la riposte de l’armée.
Qu’est-ce qui reste flou ? Une autre lecture du bilan militaire apparaît dans les témoignages de sources issues du renseignement. L’une d’elles affirme que les combats ont aussi touché Buni Yadi, juge que l’armée a sous-estimé ses pertes et exagéré celles des djihadistes, sans avancer de chiffre. Une autre source dit que des militaires morts et blessés ont été transportés à Maiduguri dans six ambulances, tout en ajoutant qu’il n’est pas possible de dire combien ils étaient exactement.
Pourquoi cette attaque intervient-elle maintenant ?
Boko Haram et l’EIAO ont intensifié leurs attaques ces derniers mois après une période d’accalmie. Depuis 2019, l’armée nigériane a fermé plusieurs petites bases pour regrouper ses troupes dans de plus grandes garnisons fortifiées, les « super camps », une stratégie censée mieux résister aux assauts mais que certains experts estiment avoir facilité la circulation des groupes armés dans les zones rurales.
Quel est le contexte plus large ? Les forces nigérianes combattent depuis 2009 Boko Haram et sa branche dissidente, l’EIAO, dans le nord-est du pays. Cette insurrection a fait plus de 40 000 morts et 2 millions de déplacés, selon l’ONU, et s’est étendue ces dernières années aux zones limitrophes du Niger, du Cameroun et du Tchad.


