Le projet de résolution porté au Conseil de sécurité de l’ONU met l’Iran face à une menace de sanctions et d’autres mesures, avec pour objectif affiché de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et de relancer un trafic maritime proche de son niveau d’avant-guerre.
• Jeudi, à l’ONU, les principaux diplomates du Qatar, de Bahreïn et des Émirats arabes unis ont insisté sur l’importance de rouvrir pleinement cette voie maritime.
• Le texte qu’ils poussent réclame à l’Iran l’arrêt des attaques contre les navires dans le détroit, la fin des « péages illégaux » et la divulgation de l’emplacement de toutes les mines.
• Il demande aussi que Téhéran participe immédiatement aux efforts des Nations unies pour établir un corridor humanitaire destiné à acheminer de l’aide, des engrais et d’autres marchandises essentielles.
• Le projet est co-rédigé par ces trois pays du Golfe avec l’Arabie saoudite, le Koweït et les États-Unis.
Une séquence installée depuis la fin février
• La guerre entre Téhéran et Washington a placé les pays riches en pétrole et en gaz du Golfe en première ligne.
• Après le début, fin février, des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, la République islamique a riposté en visant des infrastructures énergétiques et civiles dans des pays voisins du Golfe.
• L’Iran a aussi presque totalement paralysé le trafic dans le détroit d’Ormuz, rendant le passage trop risqué.
• Si l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent d’oléoducs pour contourner cette voie étroite, d’autres pays du Golfe, comme le Qatar, ont été contraints d’interrompre leurs exportations d’énergie.
• Au moment où les prix mondiaux du pétrole et du gaz montaient fortement, l’administration Trump a imposé un embargo sur les ports iraniens, limitant la capacité de Téhéran à exporter son pétrole.
• À la tribune onusienne, l’ambassadrice du Qatar, Alya Ahmed Saif al-Thani, a déclaré que le maintien du détroit ouvert relevait à la fois des conventions de l’ONU et d’une responsabilité internationale partagée.
• L’émissaire de Bahreïn, Jamal Alrowaiei, a mis en avant la nécessité d’une « action collective » pour garder le passage sûr, sécurisé et totalement ouvert.
• Le représentant des Émirats arabes unis, Mohammed Issa Abushahab, a affirmé que les voies maritimes internationales ne pouvaient pas être contrôlées par la coercition, des attaques coercitives ou des menaces contre la navigation civile et commerciale.
• Dans ce même échange, repris par Al Jazeera, il a précisé que le projet exigeait la divulgation et le retrait des mines marines placées dans et autour du détroit d’Ormuz.
Le texte arrive après un premier échec
• Côté américain, Mike Waltz a dénoncé des informations faisant état d’une Autorité des détroits du golfe Persique que l’Iran lancerait pour imposer des péages aux navires traversant la zone.
• Il a qualifié cette dispersion des marins dans le détroit de tentative cynique pour obtenir un levier.
• Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a de son côté affirmé que la navigation redeviendrait normale si la guerre prenait fin et si le blocus ainsi que les sanctions contre son pays étaient levés.
• À propos du projet de résolution, il a ajouté qu’il ignorait la cause de la situation actuelle dans le détroit, qu’il attribue à l’usage de la force et aux attaques américaines contre l’Iran.
• Le mois dernier, une précédente résolution bahreïnienne soutenue par Washington avait échoué après les vetos de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité, qui compte 15 membres.
• Le nouveau texte évite cette fois toute formulation explicite autorisant l’usage de la force, tout en restant placé sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU, qui permet au Conseil d’imposer des mesures allant des sanctions à l’action militaire.
• Washington espère conclure rapidement les discussions entre membres du Conseil, avec l’objectif de faire circuler une version finale vendredi puis d’organiser un vote au début de la semaine prochaine, alors que la Russie et la Chine examinent encore un texte concurrent.


