Les États-Unis ont sanctionné jeudi le vice-ministre irakien du Pétrole, Ali Maarij al-Bahadly, ainsi que plusieurs responsables de groupes pro-iraniens, en les accusant d’avoir aidé l’Iran à vendre du pétrole en contournant les sanctions américaines. Cette décision intervient alors que Washington accuse Téhéran d’exploiter des circuits irakiens, pendant que l’Irak reste pris entre ses liens avec l’Iran et son partenariat avec les États-Unis.
Ali Maarij al-Bahadly est la personnalité la plus en vue visée par ces sanctions. Le Trésor américain affirme qu’il a occupé plusieurs fonctions dans la gouvernance pétrolière irakienne, après avoir dirigé la commission pétrole et gaz du Parlement, avant de devenir vice-ministre en 2024.
Washington a aussi sanctionné Mustafa Hashim Lazim al-Behadili, présenté comme un dirigeant et responsable économique du mouvement Asa’ib Ahl al-Haq soutenu par l’Iran. Ahmed Khudair Maksus Maksus et Mohammed Issa Kadhim al-Shuwaili, décrits comme de hauts responsables de Kata’ib Sayyid al-Shuhada, figurent également sur la liste.
Le Trésor américain soutient qu’al-Bahadly a joué un rôle central dans le détournement de produits pétroliers irakiens au profit d’un contrebandier affilié à l’Iran et d’Asa’ib Ahl al-Haq. Washington affirme aussi que du pétrole iranien était présenté comme irakien afin de permettre à Téhéran d’échapper aux sanctions.
Dans sa lecture du dossier, relayée par Al Jazeera, le Trésor accuse al-Behadili d’avoir contrôlé le financement de la contrebande de pétrole, en traitant directement avec l’Iran et la force Al-Qods des Gardiens de la révolution, tandis que Maksus et al-Shuwaili sont mis en cause pour des achats illicites d’armes. Ni l’Irak ni l’Iran n’ont réagi, et aucune des personnes visées n’a commenté ces accusations.
Cette annonce survient alors que les États-Unis et l’Iran s’opposent aussi sur le contrôle du détroit d’Ormuz, passage clé pour les exportations pétrolières du Golfe. En mars dernier, le ministre irakien du Pétrole Hayan Abdel-Ghani avait déclaré que des pétroliers iraniens avaient utilisé de faux documents irakiens pour tenter d’éviter les sanctions américaines.
La pression américaine sur Bagdad s’est accentuée ces derniers mois. Plus tôt cette année, Donald Trump avait averti que Washington cesserait de soutenir l’Irak si Nouri al-Maliki, perçu comme pro-iranien, redevenait Premier ministre, avant que celui-ci ne se retire de la course.


