Trois décès et huit cas suspectés ont été recensés à bord d’un navire de croisière immobilisé plusieurs jours au large du Cap-Vert, alors que les autorités argentines cherchent à établir si l’origine de l’épidémie de hantavirus se trouve dans le sud du pays.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le ministère argentin de la Santé a annoncé mercredi l’envoi d’experts dans la région d’Ushuaïa, à l’extrême sud de l’Argentine. Leur mission consiste à capturer et tester des rongeurs dans des zones liées au parcours d’un couple néerlandais décédé après avoir contracté le virus.
L’Organisation mondiale de la santé a indiqué qu’un total de huit personnes sont soupçonnées d’avoir été infectées. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé que, au 6 mai, trois cas avaient été confirmés en laboratoire comme étant des hantavirus. Parmi les morts figurent le couple néerlandais et un ressortissant allemand.
Le navire, bloqué depuis dimanche au large du Cap-Vert, a quitté la zone mercredi en direction de l’Espagne après l’évacuation de trois personnes, dont deux gravement malades. D’après l’OMS, ces patients devaient être transférés aux Pays-Bas. Les autorités sanitaires ont indiqué que le risque pour le grand public restait faible, le virus se transmettant beaucoup plus lentement que le COVID-19. Maria Van Kerkhove, responsable de la gestion des épidémies et pandémies à l’OMS, a expliqué à Reuters que la transmission interhumaine suppose un contact physique très étroit, comme le partage d’une cabine ou des soins médicaux rapprochés.
En Amérique du Sud, une souche appelée virus des Andes peut provoquer un syndrome pulmonaire à hantavirus, une maladie grave souvent mortelle. Les autorités argentines ont annoncé l’envoi d’ARN du virus des Andes ainsi que de directives de diagnostic et de traitement à des laboratoires en Espagne, au Sénégal, en Afrique du Sud, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.
L’Argentine a aussi signalé une hausse des infections sur son territoire. Le ministère de la Santé a recensé 101 cas de hantavirus depuis juin 2025, soit environ le double de la même période l’année précédente. Le spécialiste argentin des maladies infectieuses Hugo Pizzi, cité par l’agence Associated Press, a attribué cette progression au réchauffement climatique, qui étendrait l’habitat des rongeurs capables de transmettre le virus.


