Les Émirats arabes unis ont de nouveau été visés mardi par des missiles et des drones iraniens, au lendemain d’une première salve au cours de laquelle au moins trois personnes avaient été blessées et un incendie déclenché sur un site pétrolier stratégique à Fujaïrah. Les autorités émiraties n’ont pas immédiatement communiqué les conséquences de cette nouvelle attaque.
D’après Al Jazeera, il s’agit du deuxième jour consécutif de frappes revendiquées dans un contexte de forte tension entre l’Iran et les États-Unis autour du détroit d’Ormuz. Cette escalade intervient après le lancement, lundi, par Washington d’une nouvelle initiative baptisée « Project Freedom » destinée à escorter des navires dans cette zone par laquelle transite environ un cinquième des exportations mondiales d’énergie.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les forces iraniennes ont pris le contrôle effectif du passage en attaquant ou en menaçant les navires cherchant à le traverser sans l’autorisation de Téhéran, en riposte aux frappes conjointes américaines et israéliennes menées contre l’Iran à la fin du mois de février. Cette situation a provoqué un choc sur les marchés de l’énergie, avec une hausse des prix du pétrole et du gaz à des niveaux inédits depuis plusieurs années.
Les États-Unis ont, de leur côté, instauré le 13 avril un blocus naval visant les ports et le transport maritime iraniens, réduisant la capacité de l’Iran à exporter son pétrole et à importer des biens essentiels. Lundi, quelques heures après le début prévu de l’opération américaine, les forces iraniennes ont affirmé avoir ouvert le feu sur des navires de guerre américains. Le Commandement central américain a démenti que des bâtiments aient été touchés, tout en confirmant des tirs de missiles de croisière contre des moyens navals américains et des navires commerciaux battant pavillon américain. Les forces américaines ont déclaré avoir détruit six petites embarcations iraniennes ainsi que des missiles et drones en approche.
Lundi également, Téhéran a lancé 15 missiles, majoritairement balistiques, en direction des Émirats arabes unis. Les autorités émiraties ont assuré que tous avaient été interceptés, mais un incendie s’est déclaré à Fujaïrah, où se trouve un terminal pétrolier clé. Ce site traite environ 1,7 million de barils par jour, soit près de la moitié de la capacité d’exportation du pays, en permettant des expéditions via le golfe d’Oman sans passer par le détroit d’Ormuz. Trois ressortissants indiens ont été blessés dans l’incident, que le gouvernement indien a qualifié d’« inacceptable ».
Malgré ces échanges de tirs, Washington a affirmé que l’Iran n’avait pas rompu le cessez-le-feu entré en vigueur il y a environ quatre semaines. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que la mission de protection de la navigation commerciale était temporaire et que les forces américaines n’étaient pas entrées dans les eaux ni dans l’espace aérien iraniens. Avant la trêve fragile conclue le 8 avril, les Émirats arabes unis avaient été ciblés par au moins 2 800 missiles et drones en cinq semaines de guerre, selon les données citées par les autorités et reprises par Al Jazeera.


