Donald Trump a menacé d’augmenter dès la semaine prochaine les droits de douane appliqués aux voitures et camions fabriqués dans l’Union européenne, en les faisant passer de 15 % à 25 %. Le président américain accuse Bruxelles de ne pas respecter pleinement l’accord commercial conclu en juillet 2025 entre Washington et l’UE.
D’après Al Jazeera, aucune surtaxe additionnelle n’est encore entrée en vigueur à ce stade, mais l’annonce a surpris la Commission européenne, qui rejette l’affirmation selon laquelle l’Union ne se conformerait pas à l’accord. Donald Trump a précisé que les véhicules fabriqués aux États-Unis par des entreprises européennes seraient exemptés de cette nouvelle taxe.
Un accord commercial encore inachevé
En juillet 2025, les États-Unis et l’Union européenne avaient conclu un accord commercial destiné à plafonner à 15 % les droits de douane américains sur la plupart des produits européens, y compris les voitures, après plusieurs mois de tensions. Selon les termes présentés par Washington, l’UE devait aussi accroître ses achats de produits énergétiques et d’équipements militaires américains, ainsi que ses investissements aux États-Unis.
Mais cet accord n’a pas encore été pleinement mis en œuvre. Le Parlement européen lui a accordé une approbation conditionnelle, en y ajoutant une clause permettant de suspendre le texte si les États-Unis imposent de nouveaux droits au-delà de 15 % ou créent de nouvelles taxes. Les États membres de l’UE doivent encore s’accorder sur ces garanties. Des discussions doivent reprendre mercredi entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE.
L’industrie automobile allemande en première ligne
Plusieurs responsables européens estiment que la menace vise en particulier l’Allemagne, très dépendante de ses exportations automobiles vers le marché américain. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré à la chaîne ARD que les Américains avaient déjà finalisé leur volet de l’accord, tandis que les Européens ne l’avaient pas encore fait. L’eurodéputé allemand Bernd Lange a, lui, affirmé à Euronews que cette nouvelle menace semblait cibler spécifiquement les constructeurs allemands.
Des experts interrogés par Al Jazeera rappellent que le secteur automobile avait été l’un des principaux bénéficiaires de l’accord de juillet, les droits américains pouvant auparavant atteindre jusqu’à 27,5 % sur certaines voitures et pièces détachées. Selon le groupe ACEA, les États-Unis représentent le deuxième marché des exportations de véhicules neufs de l’UE après le Royaume-Uni. D’autres pays européens intégrés à la chaîne de production automobile allemande, comme la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie, pourraient aussi être affectés.
Bruxelles affiche son calme et garde plusieurs options
L’Union européenne dit vouloir poursuivre les discussions avec Washington. Le porte-parole de la Commission européenne, Thomas Regnier, a déclaré lundi que l’UE restait « très calme » et concentrée sur l’application de la déclaration conjointe, dans l’intérêt des entreprises et des citoyens. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, doit rencontrer mardi son homologue américain Jamieson Greer avant une réunion des ministres du Commerce du G7 à Paris.
Sur le terrain juridique et commercial, plusieurs pistes sont évoquées si la menace se concrétise : contestation devant l’Organisation mondiale du commerce, droits de douane de rétorsion sur des produits américains, instruments de défense commerciale ou mesures de soutien à l’industrie automobile européenne. À ce stade, la portée réelle de l’annonce dépendra d’un éventuel décret formel de la Maison Blanche.


