Les tensions sont remontées d’un cran dans le Golfe après des attaques attribuées à l’Iran contre les Émirats arabes unis, sur fond de cessez-le-feu conclu le 8 avril entre Téhéran et Washington. Les autorités émiraties ont annoncé avoir intercepté 15 missiles et quatre drones lundi, tout en affirmant se réserver le droit de répondre à ce qu’elles ont qualifié d’attaques « traîtresses ».
D’après Al Jazeera, il s’agit de la première fois que les Émirats arabes unis sont visés depuis l’entrée en vigueur de cette trêve entre l’Iran et les États-Unis. Selon les autorités émiraties, une attaque de drone a provoqué un important incendie dans la zone industrielle pétrolière de Fujairah et fait trois blessés de nationalité indienne. Des responsables ont également déclaré qu’un pétrolier vide appartenant à la compagnie pétrolière publique avait été attaqué alors qu’il tentait de traverser le détroit d’Ormuz. L’Iran a rejeté ces accusations.
Dans la région, plusieurs capitales ont condamné ces frappes. L’Arabie saoudite a dénoncé « dans les termes les plus fermes » le ciblage d’installations civiles et économiques aux Émirats arabes unis ainsi que d’un navire d’une société émiratie. Le Qatar a évoqué une « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats et une menace grave pour la sécurité et la stabilité régionales. Le Koweït a, lui, dénoncé une « agression répréhensible », estimant que ces actes menaçaient directement la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz.
Le Bahreïn a parlé d’« attaques terroristes iraniennes » et d’une « escalade dangereuse », tout en appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à prendre des mesures fermes. En Jordanie, le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi a réaffirmé la « solidarité absolue » de son pays avec Abou Dhabi après un échange avec son homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan.
En Europe et en Amérique du Nord, les condamnations se sont également multipliées. Le chancelier allemand Friedrich Merz a demandé à Téhéran de revenir à la table des négociations, de mettre fin au blocage du détroit d’Ormuz et de renoncer à toute arme nucléaire. Le Premier ministre canadien Mark Carney a condamné des frappes « non provoquées », tandis que le président français Emmanuel Macron les a qualifiées d’« injustifiées et inacceptables ». Le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé l’Iran à s’engager dans des discussions pour éviter une nouvelle escalade.
Comme l’indique Al Jazeera, des organisations régionales et internationales ont aussi réagi. Le Conseil de coopération du Golfe a dénoncé l’attaque contre le pétrolier émirati, son secrétaire général Jassim Mohammed Al Badawi qualifiant la poursuite de ces attaques de « piraterie ». De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a estimé que ces frappes constituaient une violation claire de la souveraineté et du droit international, en rappelant que la sécurité de la région avait des conséquences directes pour l’Europe.


