Au Mexique, le gouverneur de l’État de Sinaloa, Ruben Rocha Moya, a annoncé son retrait temporaire de ses fonctions quelques jours après des poursuites dévoilées par la justice américaine pour trafic de drogue. Dans un message vidéo diffusé vendredi soir, il a rejeté les accusations et indiqué qu’il prenait un « congé temporaire » afin d’assurer sa défense.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’acte d’accusation rendu public cette semaine par des procureurs américains vise Rocha Moya ainsi que neuf autres responsables. Le document affirme qu’ils ont aidé directement le cartel de Sinaloa dans ses opérations de contrebande en échange d’un soutien politique et de pots-de-vin.
L’acte d’accusation soutient également que des membres du cartel auraient enlevé et menacé des candidats de l’opposition lors de l’élection de 2021, tout en volant des bulletins papier déposés en faveur des adversaires de Rocha Moya. Le gouverneur, membre du parti Morena de la présidente Claudia Sheinbaum, a de nouveau nié tout acte répréhensible. « Ma conscience est tranquille », a-t-il déclaré dans sa vidéo, affirmant n’avoir « jamais trahi » la population ni sa famille.
Un autre responsable cité dans le dossier américain, Juan de Dios Gamez Mendivil, maire de Culiacan, capitale de l’État de Sinaloa, a lui aussi annoncé samedi qu’il quittait ses fonctions. Il a également contesté les accusations portées contre lui.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a, de son côté, mis en doute les éléments avancés par Washington. Jeudi, elle a déclaré que son gouvernement n’avait reçu aucune preuve concrète pour étayer ces accusations. Elle a affirmé que si des « preuves claires et irréfutables » étaient présentées, les États-Unis devraient néanmoins agir « conformément à la loi relevant de notre juridiction ». Elle a aussi assuré que son gouvernement ne « protégera personne ayant commis un crime ».
D’après Al Jazeera, cette affaire intervient alors que les relations entre Mexico et l’administration du président américain Donald Trump restent tendues sur les questions migratoires et le trafic de drogue. Depuis son retour au pouvoir en janvier de l’année dernière, Washington a accru la pression sur le Mexique, notamment à travers des droits de douane et une ligne plus dure contre les cartels. Interrogée par Al Jazeera, l’experte Vanda Felbab-Brown, du centre de réflexion Brookings Institution à Washington, a estimé que l’inculpation de responsables élus au Mexique constituait une étape longtemps considérée comme « très importante », voire une « option nucléaire ».


