L’OTAN évalue les modalités de la décision américaine de retirer environ 5.000 soldats d’Allemagne, un partenaire central de l’alliance atlantique. L’annonce intervient dans un contexte de tensions entre Washington et plusieurs alliés européens sur fond de guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Dans un communiqué publié samedi, la porte-parole de l’OTAN, Allison Hart, a indiqué que l’organisation travaillait avec les États-Unis pour comprendre les détails de cette nouvelle posture militaire en Allemagne. D’après Al Jazeera, le Pentagone estime que ce processus devrait se dérouler sur une période de six à douze mois.
Cette réduction annoncée intervient alors que le président américain Donald Trump critique ses alliés européens, qu’il juge insuffisamment engagés dans le conflit impliquant les États-Unis et Israël face à l’Iran. Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment affirmé que les États-Unis étaient « humiliés » par les dirigeants iraniens. Donald Trump lui a répondu en l’appelant à cesser « d’interférer » sur le dossier iranien et à consacrer davantage de temps à « réparer son pays en difficulté ». Le président américain a également qualifié l’OTAN de « tigre de papier » et d’organisation « absolument inutile ».
Ancien diplomate américain, Donald Jensen a déclaré à Al Jazeera que ce retrait annoncé traduisait une évolution des priorités militaires de Washington. Selon lui, davantage de soldats américains pourraient être redéployés plus près de la Chine, que Washington considère comme une menace plus importante que la Russie. Il a aussi estimé que ce mouvement pourrait entraîner un changement durable dans l’architecture de sécurité en Europe, sans que sa forme finale soit encore connue.
Côté allemand, le ministre de la Défense Boris Pistorius a affirmé que Berlin s’attendait à un retrait américain et que les Européens devaient assumer une plus grande part de leur propre sécurité. Il a cité l’élargissement des forces armées allemandes, l’accélération des achats d’équipements et la construction d’infrastructures militaires. Allison Hart a tenu une position similaire, estimant que la décision américaine souligne la nécessité pour l’Europe d’investir davantage dans la défense et de prendre une part plus importante dans la sécurité commune.
Lors du sommet de l’OTAN tenu l’an dernier à La Haye, les pays membres avaient convenu d’augmenter leurs dépenses de défense jusqu’à 5% de leurs budgets, contre un objectif précédent de 2%.


