Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major interarmées Dan Caine ont été entendus jeudi devant la commission des forces armées du Sénat, au États-Unis, au sujet de la guerre menée par Washington et Israël contre l’Iran. Cette audition intervenait au lendemain de leur passage devant une commission de la Chambre des représentants, dans un contexte de pause fragile des combats et de discussions bloquées avec Téhéran.
D’après Al Jazeera, Pete Hegseth a de nouveau défendu l’opération militaire tout en attaquant ses détracteurs, y compris au Congrès. Il a affirmé que les stocks américains de munitions restaient « en bon état », alors même que plusieurs élus ont évoqué des inquiétudes sur une possible diminution des capacités américaines sur d’autres théâtres. Le média rappelle aussi que des responsables du Pentagone ont indiqué mercredi que la guerre avait déjà coûté aux États-Unis au moins 25 milliards de dollars, sans préciser clairement si ce total incluait d’éventuels dégâts subis par des équipements américains au Moyen-Orient.
Au cours de l’audition, Dan Caine a également laissé entendre que la Russie avait apporté une forme d’aide à l’Iran pendant le conflit. « Il y a clairement une activité », a-t-il déclaré, en expliquant ne pas pouvoir en dire davantage dans un cadre public. Moscou et Téhéran entretiennent depuis longtemps une coopération militaire, et le président russe Vladimir Poutine a de nouveau affiché son soutien à l’Iran cette semaine lors d’une rencontre à Saint-Pétersbourg avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Aragchi.
Un autre échange a porté sur le cadre légal de l’intervention. Vendredi marquait, selon les sénateurs, le 60e jour depuis la notification officielle par Donald Trump au Congrès des frappes américaines contre l’Iran. En vertu du War Powers Act de 1973, le président doit en principe mettre fin à l’opération ou obtenir l’accord du Congrès pour la poursuivre. Pete Hegseth a soutenu que ce délai de 60 jours « s’interrompt » pendant une pause des combats. Le sénateur démocrate Tim Kaine a contesté cette lecture, déclarant ne pas croire que le texte de loi l’autorise.
La question des victimes civiles a aussi occupé une place importante dans les débats. Des élus ont évoqué des informations sur des morts civiles en Iran, notamment une frappe américaine signalée contre une école de filles à Minab. La sénatrice Kirsten Gillibrand a interrogé Pete Hegseth sur la destruction d’écoles, d’hôpitaux et d’autres sites civils, tout en lui reprochant une réduction de 90 % d’une division chargée d’aider le Pentagone à éviter de viser des civils. Le sénateur républicain Mike Rounds a lui aussi demandé si les ressources de protection des civils étaient toujours disponibles. Hegseth a répondu que son département disposait de « toutes les ressources nécessaires ».
Parmi les critiques les plus directes, le sénateur démocrate Jack Reed a mis en cause le rôle joué par Pete Hegseth auprès du président américain. Il lui a reproché de dire au chef de l’État « ce qu’il veut entendre » plutôt que « ce qu’il a besoin d’entendre », et a estimé qu’il causait un « tort durable » à l’armée. En réponse, Pete Hegseth a maintenu sa ligne, accusant à nouveau certains démocrates et républicains au Congrès d’affaiblir les États-Unis par leurs critiques de la guerre.


