Les prix du pétrole ont fortement progressé mercredi sur fond d’inquiétudes liées à une perturbation prolongée de l’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz et à la perspective d’un siège américain durable des ports iraniens. Le marché a terminé à ses niveaux les plus élevés depuis plusieurs semaines, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran dure depuis deux mois.
D’après Al Jazeera, la hausse s’explique par l’absence de perspective de règlement rapide et par les difficultés persistantes sur les flux de carburant transitant par le détroit d’Ormuz, où les forces iraniennes imposent un blocus du passage des navires tandis que les États-Unis assiègent les ports et le transport maritime iraniens. Le brut américain a clôturé en hausse de 6,95 %, à 106,88 dollars le baril, tandis que le Brent, référence internationale, a gagné 6,08 %, soit 6,77 dollars, à 118,03 dollars.
Selon Reuters, cité dans le contenu source, la progression s’est poursuivie jeudi. Le Brent pour livraison en juin atteignait 119,94 dollars le baril à 00h57 GMT, pendant que le West Texas Intermediate américain s’établissait à 107,51 dollars. Le marché a également réagi aux discussions engagées par le président américain Donald Trump avec des compagnies pétrolières sur les moyens d’atténuer les effets d’un siège des ports iraniens qui pourrait durer plusieurs mois.
Un responsable de la Maison Blanche a indiqué que ces échanges ont porté sur les mesures déjà prises par Donald Trump pour soulager les marchés mondiaux du pétrole, ainsi que sur d’autres options permettant de maintenir le blocus actuel pendant des mois si nécessaire, tout en limitant l’impact sur les consommateurs américains. Toujours selon Reuters, ces discussions ont renforcé les craintes d’une interruption durable des approvisionnements. Dans le même temps, le Pentagone a révélé pour la première fois que la guerre contre l’Iran a déjà coûté 25 milliards de dollars à l’armée américaine.
Les répercussions sont particulièrement surveillées en Asie-Pacifique. Al Jazeera rapporte, par la voix de son correspondant Barnaby Lo à Séoul, qu’une grande partie de la région dépend des importations pétrolières en provenance du Moyen-Orient. Il a indiqué que le niveau du Brent proche de 120 dollars le baril devrait peser lourdement sur l’activité régionale, alors que la Banque asiatique de développement a déjà abaissé sa prévision de croissance de 5,1 % à 4,7 % pour cette année.
Dans ce contexte, Donald Trump a aussi salué l’annonce du retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP et de l’alliance OPEP+, mesure qui prendra effet le 1er mai. Les experts interrogés par Al Jazeera estiment toutefois qu’un tel départ ne devrait pas produire d’effet immédiat sur le marché. Les exportations émiraties, comme celles de leurs voisins du Golfe, restent en effet limitées par le contrôle iranien du détroit d’Ormuz. Des analystes de Wood Mackenzie ont en outre indiqué qu’il faudrait plusieurs mois aux pays du Golfe, y compris aux Émirats arabes unis, pour retrouver leurs volumes de production d’avant-guerre.


