L’Ukraine a demandé à Israël de saisir un navire en route vers le port de Haïfa, estimant qu’il transporte des céréales provenant en partie de territoires ukrainiens occupés par la Russie. Cette demande intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Kyiv et Israël autour de cette cargaison, selon les informations rapportées par Al Jazeera.
Le procureur général ukrainien Ruslan Kravchenko a indiqué mercredi sur Telegram que le navire Panormitis se dirigeait vers Israël avec du grain « dont une partie a été expédiée » depuis des régions ukrainiennes sous occupation russe. Il a ajouté que cette cargaison avait d’abord été chargée sur un autre navire avant d’être transférée.
D’après Al Jazeera, l’Ukraine a demandé à ses partenaires israéliens de saisir le navire et sa cargaison, de procéder à une perquisition, de confisquer les documents liés au bâtiment et au chargement, de prélever des échantillons de grain et d’interroger les membres d’équipage. La veille, les deux pays avaient échangé des accusations : Kyiv affirmait avoir sollicité à plusieurs reprises Israël par voie diplomatique, tandis qu’Israël reprochait à l’Ukraine une « diplomatie sur Twitter ».
Du côté de l’armateur, un responsable de Royal Maritime Inc, société de gestion du navire basée en Grèce, a rejeté les accusations. Il a déclaré à l’agence Reuters que le Panormitis ne transportait aucune céréale provenant des zones occupées d’Ukraine. Selon ce responsable, les documents légaux en sa possession, y compris le certificat d’origine de la cargaison, indiquent que le grain est russe.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar, qui avait auparavant affirmé que l’Ukraine n’avait fourni aucune preuve, a écrit mercredi sur X que la demande ukrainienne de saisie avait été transmise tard mardi. Il a précisé que cette requête était désormais examinée par les autorités compétentes. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy avait, la veille, menacé de sanctions ceux qui chercheraient à tirer profit de cette cargaison, tandis que Kyiv a convoqué l’ambassadeur d’Israël pour dénoncer ce qu’il considère comme une inaction israélienne.
Depuis l’invasion à grande échelle lancée par Moscou en 2022, l’Ukraine proteste régulièrement contre les exportations de céréales issues des régions orientales occupées ainsi que de la Crimée, annexée par la Russie en 2014. L’Union européenne a indiqué mardi avoir saisi Israël au sujet d’un « navire de la flotte fantôme russe » transportant des céréales volées, et s’est dite prête à sanctionner des individus ou entités de pays tiers qui contribueraient au financement de l’effort de guerre russe. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a aussi affirmé avoir alerté Israël depuis mars au sujet d’un autre navire, l’Abinsk, qui aurait été autorisé à décharger puis à quitter le pays malgré les demandes de Kyiv.


