À partir de vendredi, Pékin appliquera une nouvelle réglementation qui encadre fortement l’usage et la circulation des drones dans la capitale chinoise. Les autorités invoquent des motifs de sécurité publique, avec des restrictions qui touchent à la fois la vente, le transport, l’enregistrement et les vols d’appareils sans pilote dans cette ville de 22 millions d’habitants.
D’après Insider Paper, la Chine va interdire la vente de drones à Pékin et exiger une autorisation préalable pour tous les vols dans la capitale. Les nouvelles règles interdisent aussi d’introduire à Pékin des drones ou leurs composants essentiels. Les plateformes de commerce en ligne ne pourront plus expédier d’UAV vers la capitale.
Une exception est toutefois prévue pour les propriétaires ayant effectué l’enregistrement sous identité réelle de leur appareil avant le 1er mai : ceux-ci pourront entrer et sortir de Pékin avec leurs drones. Les utilisateurs disposeront par ailleurs de trois mois après l’entrée en vigueur des mesures pour enregistrer leurs appareils auprès des postes de police locaux.
Sur le terrain, plusieurs vendeurs avaient déjà retiré les drones de leurs vitrines avant l’application des nouvelles dispositions, selon des constats rapportés sur place. Dans une boutique DJI du centre de Pékin, un employé a indiqué que les appareils étaient en train d’être emballés pour être envoyés vers d’autres villes. DJI, présenté comme le plus grand fabricant mondial de drones, domine le marché chinois, mais pourrait désormais se retrouver exclu de la capitale de son propre pays.
Les sanctions prévues sont également détaillées. L’espace aérien de Pékin sera fermé à tout vol de drone sans autorisation préalable, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 10.000 yuans, soit environ 1.463 dollars, et une possible confiscation de l’appareil. Les personnes physiques ou morales prises en train de vendre des drones ou 17 composants essentiels s’exposent aussi à des amendes. Le stockage est lui aussi limité : à l’intérieur du sixième périphérique de Pékin, un particulier ne pourra conserver que trois drones au maximum dans un même lieu.
La mesure suscite déjà des réactions. Sur WeChat, des internautes ont jugé le dispositif trop contraignant, certains affirmant vouloir revendre leur matériel. Dans une école de pilotage de drones du centre de Pékin, des employés ont fait part de leurs inquiétudes sur l’approvisionnement futur en appareils et en pièces de rechange. Le texte prévoit cependant de possibles dérogations pour des usages spéciaux, notamment dans la lutte antiterroriste, l’agriculture, l’éducation et le sport. Lors de l’annonce en mars, le responsable municipal Xiong Jinghua avait déclaré que Pékin faisait face à davantage de défis en matière de sécurité de l’espace aérien à basse altitude.


