L’Italie a extradé vers les États-Unis un ressortissant chinois accusé de cyberespionnage lié à des recherches sur le COVID-19, après son arrestation à Milan en juillet dernier. L’homme est soupçonné d’avoir participé à des attaques informatiques visant des universités et d’autres institutions engagées dans des travaux en lien avec la pandémie.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la police nationale italienne a remis aux autorités américaines ce suspect présenté comme un « hacker étranger dangereux ». Dans un communiqué publié lundi, elle affirme que l’intéressé est visé pour avoir exploité des failles de cybersécurité dans des logiciels de messagerie afin de cibler des milliers d’ordinateurs dans le cadre d’une campagne de cyberespionnage soutenue par l’État chinois, baptisée “Hafnium”.
Le département américain de la Justice a identifié le suspect comme étant Xu Zewei, âgé de 34 ans. Les autorités américaines l’accusent d’avoir ciblé des universités, des immunologistes et des virologistes sous la direction du ministère chinois de la Sécurité d’État, alors qu’il travaillait pour l’entreprise Shanghai Powerock Network, décrite par les procureurs comme une société ayant facilité ces opérations.
D’après les procureurs, les institutions visées comprenaient notamment une université du sud du Texas ainsi qu’un cabinet d’avocats disposant de bureaux à Washington et dans plusieurs pays. Xu Zewei a comparu lundi devant le tribunal fédéral de Houston, au Texas, pour répondre à neuf chefs d’inculpation, parmi lesquels fraude électronique et complot en vue d’obtenir des informations par accès non autorisé à des ordinateurs protégés.
Dans une déclaration citée par les autorités américaines, le procureur général adjoint à la sécurité nationale, John A. Eisenberg, a affirmé que les États-Unis restaient déterminés à poursuivre les pirates informatiques accusés de voler des informations à des entreprises et universités américaines et de menacer la cybersécurité du pays. Il a également salué le travail des enquêteurs et procureurs mobilisés sur ce dossier depuis plusieurs années.
L’ambassade de Chine à Washington n’avait pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire. Pékin a déjà rejeté par le passé les accusations de piratage mené aux États-Unis et dans d’autres pays, les qualifiant d’« accusations sans fondement » et de « campagnes de diffamation ». Les avocats de Xu Zewei en Italie et aux États-Unis, Simona Candido et Dan Cogdell, n’avaient pas non plus réagi dans l’immédiat. En cas de condamnation, le suspect pourrait encourir jusqu’à 20 ans de prison par chef pour les charges les plus graves.


