À quelques jours d’échéances annoncées autour des réformes électorales, le Front pour la défense de la démocratie (FDR) a fait savoir qu’il ne participera pas à la rencontre prévue le 30 avril 2026 avec le ministre de l’Intérieur. Le front conteste le cadre dans lequel ont été élaborés les avant-projets de loi récemment rendus publics.
D’après Emedia, le FDR dit avoir pris connaissance de ces textes, présentés comme étant issus des travaux d’un comité chargé de relire les conclusions du dialogue national de mai 2025. Dans sa déclaration, l’organisation affirme que ce processus a été conduit de manière « unilatérale » et rejette les documents publiés.
Le FDR rappelle que plusieurs partis d’opposition ayant pris part aux concertations de 2025 avaient déjà dénoncé, à l’époque, leur exclusion du comité de relecture et s’étaient désolidarisés de ses conclusions. Selon le front, les formations politiques qui n’avaient pas participé au dialogue avaient, pour leur part, rejeté les résultats dès le départ.
L’organisation soutient également que le comité aurait travaillé sous l’autorité du Premier ministre Ousmane Sonko, également président du parti PASTEF, avec la participation de responsables de cette formation, sans représentation de l’opposition. Le FDR qualifie cette situation « d’entorse grave » et estime qu’elle retire toute légitimité aux textes proposés.
Le front critique en outre une initiative parlementaire engagée par le groupe majoritaire pour réviser certaines dispositions du code électoral, en particulier les articles L29 et L30, qu’il juge orientée. Dans ce contexte, il considère que la rencontre convoquée par le ministre de l’Intérieur est sans intérêt et qu’elle ne servirait qu’à « amuser la galerie », raison pour laquelle il annonce son boycott.
Enfin, le FDR dit rejeter des « pratiques autoritaires » qu’il juge contraires à la tradition de concertation inclusive au Sénégal. Il s’oppose par avance à toute décision qui pourrait être adoptée unilatéralement par la majorité parlementaire lors de la séance plénière prévue le 28 avril. Le front appelle à rouvrir les discussions sur les documents issus du comité de relecture afin d’y intégrer les observations de l’opposition et invite les partis opposés au pouvoir à une rencontre d’urgence pour définir des actions de riposte démocratique.


