La tension remonte d’un cran au Liban, où l’armée israélienne a diffusé de nouveaux ordres d’évacuation visant sept localités du sud, situées au-delà de la zone tampon unilatéralement définie par Israël. Dans un message publié dimanche sur le réseau X, un porte-parole militaire israélien a accusé Hezbollah de violer le cessez-le-feu en vigueur et a demandé aux habitants de se déplacer vers le nord et l’ouest.
Selon Al Jazeera, les localités concernées se trouvent au nord du fleuve Litani, dans un secteur où les opérations israéliennes se poursuivent malgré la trêve négociée sous médiation américaine. Israël maintient en effet une présence militaire dans une bande d’environ 10 kilomètres à l’intérieur du sud libanais, qu’il présente comme une « zone tampon » le long de la frontière.
De son côté, Hezbollah rejette les accusations israéliennes. Le mouvement chiite affirme que ses attaques constituent une réponse « légitime » aux violations répétées du cessez-le-feu par Israël. Dans un communiqué relayé sur Telegram, le groupe soutient que ces violations dépassent 500 incidents et rappelle qu’il n’a pas approuvé l’accord de trêve, précisant n’avoir eu « ni voix ni position » dans son adoption.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, estimé que les actions de Hezbollah revenaient dans les faits à démanteler le cessez-le-feu. Cette trêve, entrée en vigueur le 16 avril sous médiation des États-Unis et prolongée jusqu’à la mi-mai, a certes permis une baisse importante des combats, mais les deux camps continuent de s’accuser mutuellement de violations et d’échanger des tirs.
Sur le terrain, la situation humanitaire reste préoccupante. D’après la correspondante d’Al Jazeera à Tyr, plusieurs frappes aériennes ont visé le sud du Liban dimanche, poussant de nombreux civils à fuir vers Saïda et Tyr. Des milliers de personnes auraient ainsi quitté leur domicile, venant s’ajouter aux centaines de milliers de déplacés déjà recensés depuis le début de l’escalade.
Hezbollah a déclaré avoir visé des soldats israéliens à l’intérieur du territoire libanais ainsi qu’une force de secours venue les évacuer, notamment près de Biyyada avec des drones. Le mouvement a aussi revendiqué deux attaques de drones contre un rassemblement de militaires israéliens à Taybeh, sans fournir de bilan précis. L’armée israélienne a annoncé de son côté la mort d’un soldat de 19 ans, le sergent Idan Fooks, et indiqué que cinq autres militaires avaient été blessés.
Israël affirme conserver, dans le cadre de la trêve, le droit de répondre à toute attaque « planifiée, imminente ou en cours » et dit frapper presque quotidiennement des cibles de Hezbollah dans le sud du Liban. Selon le ministère libanais de la Santé, depuis la reprise de la guerre entre Israël et Hezbollah le 2 mars, les attaques israéliennes ont fait au moins 2 509 morts et 7 755 blessés.


