Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a décidé de suspendre le commissaire national de la police, Fannie Masemola. Cette mesure intervient à la suite d’accusations d’infractions aux lois sur les finances publiques dans le cadre de l’attribution d’un marché public de services de santé.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Fannie Masemola est mis en cause pour avoir contourné les règles de passation des marchés. Il aurait favorisé l’attribution d’un contrat évalué à 360 millions de rands (environ 21,7 millions de dollars) au profit de la société Medicare24. L’entreprise est dirigée par l’homme d’affaires Vusimuzi « Cat » Matlala, un individu soupçonné d’entretenir des liens avec des réseaux de criminalité organisée.
Les procureurs chargés du dossier allèguent que la société Medicare24 s’est entendue avec des responsables de la police pour s’assurer l’obtention de ce marché. Avant que les autorités ne procèdent à l’annulation du contrat, Vusimuzi Matlala avait déjà perçu des paiements s’élevant à un peu plus de 50 millions de rands, soit l’équivalent de 3,03 millions de dollars.
Le commissaire Masemola a brièvement comparu devant la justice mardi pour répondre de quatre chefs d’inculpation liés à la violation de la loi sur les finances publiques. L’officier rejette ces accusations, et la procédure a été ajournée au 13 mai prochain. Lors d’un échange avec les journalistes, Cyril Ramaphosa a expliqué que cette suspension à titre préventif était nécessaire au regard de la gravité des charges et de l’importance stratégique du poste de commissaire national.
Pour assurer la continuité du commandement, le chef de l’État a désigné la lieutenante-générale Puleng Dimpane, actuelle directrice financière de la police, en tant que commissaire par intérim. Le président a publiquement souligné sa réputation d’intégrité.
Cette mise à pied survient dans un climat de forte tension politique, alors que les élections locales sud-africaines prévues en novembre approchent. Le sommet de la police nationale connaît actuellement de profonds bouleversements : le ministre de la Police, Senzo Mchunu, avait lui-même été placé en congé à la suite des conclusions d’une commission d’enquête dénonçant des ingérences politiques dans les investigations criminelles.


