L’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) a ouvert ce mercredi un colloque international de deux jours dédié à la personnalité juridique et à la redéfinition du droit. Organisée par le département de l’ingénierie juridique, cette rencontre mobilise des universitaires, des avocats et des professeurs dans le but d’adapter la législation en vigueur aux réalités et valeurs de la société sénégalaise.
Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, l’une des illustrations concrètes de cette démarche est le dépôt récent d’un projet de loi visant à accorder la personnalité juridique au lac de Guiers. Le Professeur Zeynab Kane, cheffe du département de l’ingénierie juridique, a précisé que repenser la justice implique de consolider le vivre-ensemble et la cohésion nationale. Elle a également mis en exergue l’importance d’une codification conforme aux normes locales pour faire face aux défis actuels liés à l’environnement et à l’intelligence artificielle.
Pour le Professeur Mballo Thiam, directeur de l’unité de formation et de recherche ECOMIJ, le droit est tenu de s’aligner sur les mutations sociales. Il a indiqué que la personnalité juridique, traditionnellement réservée aux êtres humains, s’étend progressivement à d’autres entités comme les animaux et les objets, générant ainsi de nouveaux droits et obligations sur le plan passif et actif.
La leçon inaugurale a été prononcée par le Professeur Alioune Badara Fall, rattaché à la faculté de droit de Bordeaux. Ce dernier a souligné l’inefficacité d’un système juridique déconnecté de son environnement d’application. D’après lui, le modèle occidental, fondé sur une approche individualiste et axé sur la liberté et la responsabilité personnelle, exclut des composantes centrales du système africain telles que les chefferies, les familles et la communauté. Cette rencontre scientifique vise ainsi à corriger ces limites en intégrant ces paramètres ignorés par le droit classique.


