Le département de la Défense des États-Unis a récemment informé le Congrès américain des défis liés à la réouverture du détroit d’Ormuz, actuellement entravé par les forces iraniennes dans le cadre du conflit en cours au Moyen-Orient.
Ce passage maritime, par lequel transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz mondial, est pratiquement fermé depuis le début des hostilités impliquant les États-Unis, l’Iran et Israël. Cette situation a provoqué une flambée des prix de l’énergie, perturbant l’économie globale. Le blocus maintenu par Téhéran et les restrictions imposées par la marine américaine paralysent la zone de navigation malgré l’instauration d’un cessez-le-feu.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, une évaluation du Pentagone indique qu’il faudrait jusqu’à six mois pour déminer complètement le détroit d’Ormuz. Ce délai estimé, partagé lors d’une réunion classifiée avec la commission des forces armées de la Chambre des représentants, implique que l’opération ne débuterait probablement qu’à la fin officielle de la guerre, avec pour conséquence un maintien des cours du pétrole à un niveau particulièrement élevé.
Les parlementaires ont appris que l’Iran aurait posé une vingtaine de mines, voire davantage, dans les eaux du détroit. Certains de ces engins explosifs seraient équipés d’une technologie GPS permettant de les déplacer à distance, rendant leur détection plus complexe pour les forces navales déployées. Face à ce rapport, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a réagi en qualifiant l’hypothèse d’une fermeture de six mois d’« impossibilité » et d’une situation « totalement inacceptable ». Il a également affirmé que de nombreux éléments issus de cette réunion à huis clos étaient erronés.
Du côté de Téhéran, les Gardiens de la Révolution ont délimité une zone de danger couvrant 1 400 kilomètres carrés, un espace quatorze fois supérieur à la taille de Paris, où des mines pourraient être présentes. Le président du Parlement iranien a par ailleurs conditionné toute réouverture du détroit à la levée du blocus naval américain. Pour anticiper la reprise de la navigation maritime, des pourparlers se sont ouverts mercredi à Londres avec les planificateurs militaires de plus de trente pays. Sous l’impulsion du Royaume-Uni et de la France, cette coalition étudie les futures modalités des opérations de déminage et de sécurisation des flottes commerciales.


