Les électeurs du Tamil Nadu, dans le sud de l’Inde, se rendent aux urnes ce jeudi pour renouveler les 234 membres de leur assemblée législative. Un scrutin traditionnellement dominé par deux formations historiques, mais aujourd’hui bousculé par l’entrée en scène d’une star du cinéma, C Joseph Vijay, qui espère s’imposer grâce à sa notoriété et une série de promesses sociales ciblées.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, l’acteur de 51 ans vient perturber un duel politique bien ancré avec son nouveau parti, le Tamilaga Vettri Kazhagam (TVK), fondé en 2024. Jusqu’à présent, le pouvoir dans cet État se disputait principalement entre le Dravida Munnetra Kazhagam (DMK) de l’actuel ministre en chef, MK Stalin, et le All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam (AIADMK) dirigé par Edappadi K Palaniswami.
Pour convaincre les 57 millions d’électeurs de l’État, dont plus de la moitié sont des femmes, Vijay a dévoilé un programme axé sur des aides matérielles directes. Au-delà de l’octroi de six bonbonnes de gaz gratuites par an et d’une allocation mensuelle de 2 500 roupies pour les femmes chefs de famille, le candidat promet d’offrir 8 grammes d’or ainsi qu’un sari en soie aux femmes issues de milieux modestes à l’occasion de leur mariage. De leur côté, les jeunes diplômés sans emploi se voient promettre une indemnité de 4 000 roupies et la mise en place de prêts étudiants sans intérêts pouvant atteindre le plafond de 2 millions de roupies.
Sur le plan stratégique, le candidat cible en priorité la tranche des 18-39 ans, qui représente 23 millions de votants. Les observateurs électoraux soulignent que cette candidature agit comme un élément perturbateur pour les deux blocs traditionnels. Il est attendu que Vijay capte une partie de l’électorat dalit et des minorités chrétiennes, habituellement enclins à soutenir la coalition du DMK, tout en attirant une frange du vote contestataire qui aurait pu naturellement revenir à l’AIADMK.
Si l’acteur parvient à réunir des foules immenses lors de ses rassemblements publics, sa formation politique pâtit d’un manque d’implantation locale et aligne de nombreux candidats novices. Face à cette dynamique, les dirigeants installés, à l’image de MK Stalin, ont largement esquivé la confrontation directe, préférant orienter leurs attaques contre le gouvernement central de New Delhi, dans un État où la défense de l’identité dravidienne reste centrale.


