Quinze migrants sud-américains, récemment expulsés des États-Unis vers la République démocratique du Congo (RDC), affirment subir des pressions pour retourner dans leur pays d’origine. Ces déportations s’inscrivent dans le cadre d’un accord de pays tiers mis en œuvre par l’administration du président Donald Trump pour restreindre l’immigration.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, ces femmes originaires de Colombie, du Pérou et d’Équateur ont été transférées la semaine dernière en Afrique centrale. Sur place, elles déclarent n’avoir reçu aucune option alternative en dehors d’un retour vers leur pays natal. Une Colombienne de 29 ans, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indique se sentir acculée à accepter ce rapatriement en dépit des risques encourus.
Plusieurs de ces ressortissantes avaient préalablement engagé des démarches d’asile aux États-Unis. Dans sa demande déposée en janvier 2024, la jeune femme de 29 ans expliquait avoir fui la Colombie après avoir été enlevée et torturée par un groupe armé, ainsi que pour échapper aux violences de son ex-mari policier. En mai 2025, un juge américain de l’immigration avait d’ailleurs statué qu’elle risquait de subir de nouvelles tortures en cas de renvoi.
Le processus d’expulsion vers ce pays tiers s’est opéré sous des conditions strictes. Une autre Colombienne de 30 ans, nommée Gabriela, a affirmé n’avoir été informée de son envoi en RDC que la veille de l’embarquement. Le transfert s’est effectué au cours d’un vol de 27 heures, durant lequel les mains et les pieds des expulsées étaient maintenus par des entraves.
Les défenseurs des droits des immigrés perçoivent ces expulsions vers des pays sans lien avec les migrants, comme la RDC, comme une méthode de dissuasion. Alma David, avocate américaine représentant l’une des demandeuses d’asile, souligne que la manœuvre vise à placer ces personnes dans un environnement totalement étranger pour les contraindre à abandonner leurs démarches et à regagner leur pays d’origine, malgré les menaces qui y pèsent.


