Le Syndicat National des Travailleurs des Postes et des Télécommunications (SNTPT) place la date du 1er mai 2026 sous le signe de la contestation. Dans un document interne, les syndicalistes dressent le bilan d’une gestion jugée alarmante à la Direction générale de La Poste.
Selon les informations rapportées par IGFM, la situation financière et sociale de la société d’État traverse une zone de turbulences majeures. Le SNTPT révèle un déséquilibre notable : la direction a engagé plus de 3,071 milliards de francs CFA pour financer des indemnités de départs négociés, tandis que les recettes de l’entreprise peinent à atteindre la barre du milliard. Cette asymétrie s’accompagne d’une dette sociale dépassant le milliard de FCFA, ce qui bloque l’accès des travailleurs aux financements de la MECAP et aux crédits bancaires. De plus, les nouveaux taux de la prime de transport, pourtant en vigueur depuis 2023, ne seraient toujours pas appliqués.
Le syndicat s’insurge également contre les dépenses ciblées de la hiérarchie. Une enveloppe de 50 millions de FCFA a été affectée à la rénovation du logement de fonction du Directeur général. Ce chantier intervient à un moment où des bureaux stratégiques, à l’image de Kaolack RP et Ziguinchor RP, ferment leurs portes faute de moyens. La vitrine de Dakar Fann est quant à elle décrite comme étant dans un état de délabrement prononcé. Le manifeste du SNTPT pointe par ailleurs l’agenda du Directeur général, comptabilisant 30 jours de missions à l’étranger durant le premier trimestre 2026, au détriment des visites sur le réseau national.
Face à cette inertie dénoncée par le syndicat, quatre exigences strictes ont été formulées : l’application des mesures de relance issues du Conseil interministériel, l’apurement de la dette sociale, le respect des accords signés et l’application des mesures sociales en souffrance. Le SNTPT se déclare prêt à maintenir la mobilisation jusqu’à la satisfaction de ces revendications. Ces tensions au sein de l’entreprise publique font écho aux récents appels de la société civile pour une plus grande transparence dans la gestion des deniers de l’État.



