Le gouvernement paraguayen a officiellement annoncé son intégration au programme d’expulsion de l’administration américaine. Le pays sud-américain s’apprête à recevoir des ressortissants étrangers expulsés des États-Unis, bien que ces derniers n’aient aucun lien d’origine avec son territoire.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le ministère des Affaires étrangères du Paraguay a confirmé mardi l’accueil d’un premier groupe de 25 expulsés hispanophones, dont l’arrivée est prévue pour jeudi. Le communiqué officiel souligne que chaque dossier a fait l’objet d’une évaluation individuelle, dans le respect de la souveraineté nationale et des lois internationales sur l’immigration.
Ce dispositif s’inscrit dans la politique d’expulsions massives menée par le président Donald Trump. Le Paraguay rejoint ainsi une liste croissante de nations participant aux accords de déportation vers des « pays tiers ». Parmi les signataires de ces accords figurent déjà le Costa Rica, le Salvador, la République démocratique du Congo (RDC), l’Eswatini et le Soudan du Sud.
D’après Al Jazeera, des parlementaires démocrates américains estimaient en février que plus de 40 millions de dollars avaient été attribués à des pays étrangers via des contrats visant à encourager l’accueil de ces déportés.
Robert Alter, représentant de l’ambassade des États-Unis au Paraguay, a salué cet accord. Il a précisé que les migrants concernés n’ont aucune demande d’asile en attente sur le sol américain, décrivant la mesure comme une démarche visant à faciliter un retour ordonné.
Cette politique de transferts suscite toutefois l’opposition des groupes de défense des droits, qui s’inquiètent des renvois vers des États confrontés à des crises internes. Récemment, une quinzaine de déportés ont été transférés en RDC malgré des alertes de sécurité émises par le département d’État américain. L’administration américaine chercherait actuellement à étendre ces arrangements bilatéraux à 47 pays supplémentaires.


