Le décès de deux présumés agents de la CIA dans un accident de voiture au Mexique, survenu dimanche dans l’État de Chihuahua, suscite des interrogations sur la nature de leur mission. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exigé une enquête complète pour vérifier si la législation nationale sur l’intervention de forces étrangères a été respectée.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le véhicule transportant les deux fonctionnaires américains et deux responsables mexicains a quitté la route pour s’écraser dans un ravin tôt dimanche matin. Ce drame s’est produit peu après une vaste opération antidrogue menée dans la localité d’El Pinal, mobilisant 40 éléments de l’Agence d’investigation de l’État (AEI) et 40 autres du Secrétariat à la Défense nationale mexicain.
Face aux rumeurs d’une implication directe des États-Unis dans ce raid, Claudia Sheinbaum a tenu à clarifier la position de son gouvernement lors de son point de presse mardi. Elle a rappelé que la loi exige une autorisation fédérale pour que des agents étrangers puissent opérer sur le territoire. Si l’enquête démontre une violation de la souveraineté mexicaine, la présidente a averti qu’une protestation diplomatique formelle serait émise. « Les opérations terrestres conjointes ne sont pas permises », a-t-elle réitéré, tout en qualifiant les relations actuelles avec Washington d’excellentes.
Des déclarations contradictoires entourent la présence des Américains. Alors que des sources relayées dans la presse américaine évoquent une mission de lutte contre les stupéfiants, le procureur général de Chihuahua, Cesar Jauregui Moreno, a affirmé qu’aucun élément étranger n’est intervenu directement dans la saisie du laboratoire clandestin. D’après les autorités locales, les instructeurs américains se trouvaient dans la région pour enseigner le maniement de drones aux forces de l’ordre et bénéficiaient simplement d’un trajet vers l’aéroport de la ville de Chihuahua au moment du crash. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis, Ronald Johnson, a rendu hommage aux victimes sur les réseaux sociaux, les présentant comme du personnel de l’ambassade.
Cet incident s’inscrit dans un contexte bilatéral sensible. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président Donald Trump a multiplié les pressions pour une action militaire contre les cartels mexicains, qu’il a qualifiés de « combattants illégaux » engagés dans un conflit armé avec les États-Unis. Ses récentes interventions, incluant des frappes en mer des Caraïbes ayant fait au moins 180 morts et l’opération ayant conduit à l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro en début d’année, alimentent les craintes d’opérations sécuritaires non autorisées au sud de la frontière.


