À l’occasion du Forum de Dakar sur la sécurité et la paix, qui clôt ses travaux ce mardi, Djiby Diallo, criminologue, administrateur et chercheur universitaire, a appelé à une transformation profonde des stratégies de lutte contre le terrorisme en Afrique. Pour la lutte antiterroriste, il met la mutualisation des moyens au cœur des recommandations.
Selon lui, ce dixième forum s’inscrit dans la continuité des précédents échanges, mais marque surtout un tournant décisif : « il ne s’agit plus seulement de dresser des constats, mais désormais d’entrer dans une phase d’opérationnalisation des décisions et recommandations déjà formulées ». Une évolution qui traduit, à ses yeux, le passage d’une logique de diagnostic à une dynamique d’action.
L’administrateur plaide pour une approche globale et multisectorielle, reposant sur la coordination entre acteurs et l’implication directe des populations. Il met en avant la nécessité de dépasser les réponses fragmentées : « aller vers une coordination renforcée entre les différents acteurs engagés dans la lutte contre les menaces sécuritaires ».
Au cœur de cette stratégie, la mutualisation des moyens apparaît essentielle, notamment pour renforcer les capacités des forces de sécurité. Djiby Diallo insiste sur l’intégration des nouvelles technologies, y compris dans la lutte contre la cybercriminalité, afin de s’adapter à l’évolution des menaces.
Il appelle également à un renforcement des mandats des structures sécuritaires, pour les rendre plus efficaces et conformes aux normes internationales, tout en s’adaptant aux réalités du terrain.
Sur le plan continental, l’ancien sous-préfet de Dakar-Plateau, défend une réponse africaine coordonnée, fondée sur le partage du renseignement et l’harmonisation des actions. « Les décisions doivent être communes, les actions harmonisées et les mécanismes de renseignement partagés entre les États afin de mieux anticiper les risques ».
L’approche communautaire constitue, selon lui, un pilier central. Le renseignement est présenté comme la clé de voûte du dispositif sécuritaire, qu’il soit opérationnel, numérique ou criminel. L’objectif est de renforcer la collaboration entre citoyens et autorités afin de faciliter la remontée d’informations sensibles dans les zones rurales comme urbaines.
Djiby Diallo attire également l’attention sur la dimension économique des crises sécuritaires, estimant que certaines ressources stratégiques peuvent devenir des facteurs d’instabilité nécessitant une vigilance accrue.


