Le gouvernement japonais a annoncé mardi un assouplissement de ses règles d’exportation d’armements, ouvrant la voie à la vente d’armes létales à l’étranger. Cette décision marque un changement de politique de défense du pays face aux dynamiques sécuritaires régionales.
D’après les informations rapportées par Insider Paper, cette révision met fin à des décennies de restrictions volontaires. Tokyo souhaite intégrer le marché international de l’armement pour renforcer sa sécurité nationale et stimuler sa croissance économique. Le porte-parole du gouvernement, Minoru Kihara, a justifié ces mesures par l’accélération des changements dans l’environnement sécuritaire, en référence aux activités militaires de Pékin, de la Corée du Nord et de la Russie.
Le ministère chinois des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole Guo Jiakun, a exprimé son opposition, dénonçant une nouvelle forme de militarisation. Au niveau national, un sondage de la chaîne NHK révèle que 53 % des participants s’opposent à cette mesure d’exportation, contre 32 % d’opinions favorables.
Jusqu’à présent, les exportations japonaises étaient circonscrites à cinq domaines non létaux : le sauvetage, le transport, l’alerte, la surveillance et le déminage. La Première ministre Sanae Takaichi a indiqué sur la plateforme X que les transferts de tout équipement de défense seront désormais possibles en principe. Les pays bénéficiaires devront toutefois s’engager à utiliser ces équipements conformément à la Charte des Nations Unies.
Heigo Sato, spécialiste des questions de défense à l’Université de Takushoku cité par l’AFP, souligne l’importance d’établir un système d’échange d’armes fluide entre alliés pour assurer l’état de préparation au combat. À l’inverse, des militants pour la paix s’inquiètent de ce changement de cap. Koji Sugihara, militant de longue date, craint que les positions de Sanae Takaichi et son soutien affiché au président américain Donald Trump n’entraînent le Japon dans des conflits à l’étranger.
L’interdiction totale d’exporter des armes avait été instaurée en 1976. Selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), cinq entreprises japonaises, dont Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries, figurent aujourd’hui parmi les cent principaux producteurs d’armes au monde.


