Le gouvernement japonais opère un virage majeur dans sa doctrine de défense post-Seconde Guerre mondiale. La Première ministre Sanae Takaichi a officialisé la fin de l’interdiction de vendre du matériel militaire à l’étranger.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le cabinet nippon a levé les restrictions pesant sur l’exportation d’armes létales. Cette mesure, annoncée mardi sur le réseau social X par la cheffe du gouvernement, autorise désormais la vente d’avions de chasse, de missiles et de navires de guerre. La législation japonaise précédente, instaurée en 1967 et confirmée en 1976, limitait strictement les transferts à des équipements non létaux, principalement destinés à la surveillance ou au déminage.
Au moins 17 nations sont d’ores et déjà éligibles pour acquérir ces armements de fabrication japonaise. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et l’Indonésie figurent parmi les États intéressés. Ce panel pourrait s’élargir en fonction de la conclusion de futurs accords bilatéraux. Les transferts exigent de la part des acheteurs un engagement à respecter la Charte des Nations Unies. Les exportations vers les zones de conflit actif demeurent interdites, à l’exception de circonstances particulières directement liées aux impératifs de sécurité nationale du Japon.
Cette redéfinition stratégique suit de près la signature d’un accord de 7 milliards de dollars entre Tokyo et Canberra, confiant au groupe Mitsubishi Heavy Industries la construction de trois des onze futurs navires de guerre de la marine australienne.
Parallèlement à cette annonce sur les exportations d’armes, Sanae Takaichi a fait parvenir une offrande rituelle au sanctuaire tokyoïte de Yasukuni à l’occasion de son festival de printemps. Ce site, qui honore les morts de guerre japonais et inclut les noms de dirigeants condamnés pour crimes de guerre de classe A, reste un sujet de tension diplomatique avec la Chine et la Corée du Sud.


