L’Union européenne accélère cette semaine sur les dossiers diplomatiques et financiers relatifs à l’Ukraine et à Israël, consécutivement à la défaite électorale du gouvernement hongrois de Viktor Orban. Les diplomates préparent la validation de plusieurs mesures stratégiques jusqu’ici bloquées par les vetos successifs de Budapest.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le départ prochain de Viktor Orban ouvre la voie au déblocage d’un prêt de 90 milliards d’euros (environ 106 milliards de dollars) destiné à l’Ukraine. Ce soutien financier, jugé indispensable par Kiev pour maintenir sa défense face à l’offensive russe, sera au centre d’une réunion des diplomates européens ce mercredi. Chypre, qui assure la présidence tournante de l’UE, a confirmé que cet élément décisif figure à l’ordre du jour afin de modifier le budget du bloc et lancer la procédure écrite d’adoption.
Le processus est facilité par le changement de direction à Budapest. Peter Magyar, le nouveau dirigeant hongrois qui s’apprête à prendre ses fonctions, a déclaré être prêt à travailler de manière constructive avec l’Union européenne. Il a notamment appelé lundi à la réouverture de l’oléoduc Druzhba, dont la fermeture par l’Ukraine avait servi d’argument à l’ancienne administration hongroise pour retenir les fonds européens. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a pour sa part indiqué que l’infrastructure pétrolière serait de nouveau opérationnelle d’ici la fin du mois d’avril.
Sur le dossier du Proche-Orient, les responsables européens réévaluent également les mesures possibles à l’encontre d’Israël. Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’UE, a déclaré que le bloc allait examiner l’adoption de sanctions contre les colons israéliens radicaux en Cisjordanie occupée, une initiative que l’administration Orban avait systématiquement rejetée au cours des derniers mois.
En parallèle, les ministres des Affaires étrangères, réunis mardi à Luxembourg, se pencheront sur une proposition portée par le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, visant à suspendre l’accord de coopération entre l’Union européenne et Israël. Si l’annulation totale de cet accord requiert l’unanimité des Vingt-Sept, la suspension de la partie facilitant les relations commerciales pourrait être validée par un vote à la majorité pondérée.


