Le commissariat urbain de Linguère a procédé à l’arrestation de 18 individus impliqués dans un vaste réseau présumé d’actes contre nature. Quinze autres personnes sont actuellement recherchées par les forces de l’ordre.
L’affaire a éclaté suite à la plainte d’un apprenti coiffeur de 17 ans contre Mame Abdou Lecor, alias « Baye Tama ». Selon les informations rapportées par Kawtef, le mis en cause a harcelé le mineur après avoir obtenu son numéro de téléphone lors d’une séance de coiffure. Face à l’insistance de l’individu et malgré l’intervention du patron du jeune homme, la victime a bloqué le numéro avant de saisir la police. Une seconde plainte, déposée par un certain Mouhamed Guèye, visait également le même suspect.
Lors de son interrogatoire, Mame Abdou Lecor a reconnu les faits. Il a admis son appartenance à un groupe spécialisé dans l’échange de partenaires et la tarification de relations sexuelles. Ses déclarations ont conduit à l’arrestation de Mamadou Guèye, dit « Tigui ». Ce dernier, lui aussi visé par une plainte pour harcèlement initiée par un nommé Modou Fleur, a avoué organiser des rencontres régulières entre membres à Linguère, Dahra, Barkedji et Mbacké.
Les investigations ont permis d’identifier d’autres membres du réseau, dont Alé Daffé, Moussa Mangane, Ass Malick Cissé et Ahmet Niang. L’exploitation des téléphones portables a mis en évidence des messages, des photos et des vidéos confirmant l’activité continue du groupe.
Parallèlement, une dénonciation anonyme a mené les policiers au quartier Thilly Nord. Attirés par une odeur de chanvre indien, les agents ont surpris deux hommes à travers la grille d’une véranda. Après avoir forcé l’accès, ils ont interpellé Ibra Badji, trouvé sous l’emprise de la drogue. Son complice, identifié comme Baba Coumé, a pris la fuite par la fenêtre.
Parmi les 18 personnes arrêtées figurent un enseignant en arabe, un enseignant en français, un étudiant en droit et un charlatan présenté comme le fils d’un marabout de Dahra. Les autorités ont également précisé que trois des suspects interpellés sont porteurs du VIH.
Les mis en cause font face à plusieurs chefs d’accusation : association de malfaiteurs, harcèlement sexuel, incitation à la débauche, collecte et diffusion d’images à caractère pornographique, mise en danger de la vie d’autrui, transmission volontaire du VIH/SIDA et actes contre nature. Ils doivent être déférés ce lundi devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Louga.


